Des suspects de viol blanchis car la victime était "moche" — Italie

Claudine Rigal
Марта 14, 2019

Les deux hommes avaient été acquittés en 2017.

Mais les juges ont déclaré qu'il n'était "pas possible d'exclure la possibilité que ce soit la victime présumée qui ait organisé la soirée ". Mais la cour d'appel d'Ancône avait refusé de tenir compte des accusations à leur encontre en disant que la femme n'était pas crédible.

En 2016, les suspects avaient pourtant été reconnus coupables, notamment sur la base d'expertises médicales qui ne laissaient aucun doute sur le caractère criminel de leurs actes. "La photographie de son dossier semble confirmer cela ", précisent les magistrates. L'un des hommes a dit avoir enregistré le numéro de téléphone de l'intéressée avec le surnom "Viking".

Vendredi 8 mars, la Cour suprême italienne, plus haute juridiction du pays, a annulé l'acquittement, rendant alors publique la décision de la cour d'appel d'Ancône.

Le jury - trois femmes - a considéré "que l'histoire de cette femme n'était pas assez crédible étant donné qu'elle ressemblait à un homme et que, par conséquent, n'était pas attirante", rappelle le quotidien britannique, citant l'avocate de la jeune femme. Ainsi, ce lundi près de 200 personnes scandalisées par ces propos et le blanchiment des deux suspects ont protesté devant le tribunal en question à Ancône. L'initiative a été prise par Rebel Network, un groupe activiste féministe, qui a qualifié la décision des juges d'Ancône "digne du Moyen-Âge". Son avocate a réaffirmé que les deux hommes aurait mis de la drogue dans son verre, après un cour du soir. Une version confortée par les constatations des médecins qui avaient indiqué que les blessures de la victime correspondaient bien à un viol et que des traces de drogue facilitant le viol avaient été trouvées dans son sang.

En 2017 donc, deux Péruviens qui comparaissaient pour un viol qu'ils avaient commis en 2015 ont été acquittés au motif que leur victime, également Péruvienne, a été jugée peu fiable, mais surtout d'allure " masculine " et " trop laide " pour que les agresseurs aient pu être attirés par elle au point de la violer. En attendant, la victime est retournée au Pérou.

On ne connaît pas son nom, ni celui des deux accusés, comme le veut la loi italienne.

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