Deuxième condamnation et nouvelle inculpation pour Manafort — Etats-Unis

Claudine Rigal
Mars 14, 2019

L'ex-directeur de la campagne de Donald Trump a été condamné à purger 43 mois de prison de plus mercredi par un tribunal de Washington. Il est déjà passible de sept ans et demi de prison.

L'ancien directeur de campagne de Donald Trump n'en a pas fini avec la justice.

L'ancien lobbyiste et homme d'affaires de 69 ans est accusé, dans le dossier new-yorkais, d'avoir obtenu frauduleusement plusieurs millions de dollars de prêts, selon l'acte d'accusation.

Au terme de ce deuxième procès qui se déroulait cette fois à Washington, la juge Amy Berman Jackson a condamné Paul Manafort à 60 mois de prison pour complot contre les États-Unis dont 30 mois seront purgés conjointement avec la peine qu'il a reçue pour fraude fiscale et bancaire la semaine dernière en Virginie.

S'il détient le pouvoir d'effacer les sept ans et demi de prison infligés par des tribunaux fédéraux, le président américain ne peut pas intervenir au niveau de la justice des Etats. En cas de condamnation de Manafort à New York, il sera donc impuissant. Ce sujet, au coeur des investigations du procureur spécial Robert Mueller, "n'a pas été soumis au tribunal".

Paul Manafort n'est "ni l'ennemi public numéro un, ni une victime", a-t-elle déclaré en soulignant que les faits jugés par son tribunal n'avaient rien à voir avec une possible collusion entre Moscou et l'équipe de campagne de Donald Trump lors de la présidentielle de 2016. A Washington, Paul Manafort était poursuivi pour avoir omis de déclarer ses activités de conseil en Ukraine, en contravention des règles sur le lobbying, puis pour avoir tenté d'influencer des témoins.

En septembre, il avait plaidé coupable et avait accepté de coopérer à l'enquête russe, mais il a continué de mentir lors des interrogatoires, a-t-elle souligné.

La juge Jackson a notamment exprimé ses doutes sur les "remords" et les "excuses" exprimés devant elle par Paul Manafort. "Je ne peux pas changer le passé, mais je vous assure que le futur sera différent", avait-il ajouté, assis dans son fauteuil roulant, en jurant avoir été changé par ses neuf mois de détention.

À la sortie du tribunal, son avocat Kevin Downing a déploré une peine "très lourde" "absolument pas nécessaire".

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL