Jane Philpott claque la porte à son tour — Affaire SNC-Lavalin

Xavier Trudeau
Mars 5, 2019

Une affaire qui n'en finit pas de rebondir: explications.

Justin Trudeau, l'un de ses ministres et une dizaine de proches conseillers sont soupçonnés d'être impliqués dans ces faits, qui remontent à l'automne 2018 selon Judy Wilson Rabould. Elles devaient interférer dans la procédure judiciaire lancée contre le géant du BTP canadien SNC-Lavalin.

À l'instar de Mme Philpott, Mme Wilson-Raybould a aussi décidé de rester députée libérale. Et de nier énergiquement toute allégation d'ingérence politique dans cette affaire, après avoir assuré qu'il était "complètement en désaccord avec la caractérisation des événements par l'ex-procureure générale". Mais l'ancienne ministre elle-même estime que si ces menaces peuvent apparaître immorales, il n'est pas certain qu'elles tombent sous le coup la loi.

Le groupe québécois est accusé depuis 2015 de corruption pour avoir versé 48 millions de dollars canadiens de pots de vin (32 millions d'euros) à des responsables libyens du temps du dictateur Mouammar Kadhafi, entre 2001 et 2011, pour décrocher d'importants contrats dans ce pays.

Un accord hors cour entre la justice et SNC-Lavalin aurait permis à cette société, qui emploie 50'000 personnes dans le monde dont 9000 au Canada, d'échapper à une condamnation pouvant compromettre son avenir.

- Quelle est la position du gouvernement? Il a toutefois admis qu'il avait discuté de la possible perte de 9 000 emplois à SNC-Lavalin, si la firme d'ingénierie n'obtenait pas d'accord pour éviter un procès criminel.

Trudeau a annoncé trois principaux changements.

Depuis l'éclatement de l'affaire, Justin Trudeau n'a cessé de réaffirmer qu'il avait toujours respecté l'indépendance de son ancienne ministre de la Justice, démentant toute tentative de pression.

Mais à moyen terme, les conséquences les plus désastreuses pourraient intervenir sur le plan politique pour Justin Trudeau.

Les révélations du Globe and Mail ont fait l'effet d'une bombe politique au Canada, à quelques mois des élections législatives d'octobre.

Lors d'un remaniement ministériel en janvier dernier, Jody Wilson-Raybould, alors ministre de la Justice, s'était vue confier la gestion du portefeuille des Anciens Combattants.

Selon le bureau du premier ministre, M. Trudeau "en dira plus à ce sujet lors d'un événement à Toronto (lundi) soir".

L'opposition avait appelé la semaine dernière à la démission de M. Trudeau et à l'ouverture d'une enquête par la police fédérale après une déposition choc de Jody Wilson-Raybould devant la commission de la Justice de la chambre des Communes.

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, a réclamé une enquête publique indépendante, sans appeler pour sa part à la démission de M. Trudeau. "Son image est affectée, surtout à l'extérieur du Québec".

"L'affaire SNC-Lavalin", comme l'a baptisée la presse canadienne, tombe d'autant plus mal pour le Premier ministre qu'il doit déjà affronter une crise diplomatique sans précédent avec la Chine depuis l'arrestation de la directrice financière du géant chinois Huawei début décembre à Vancouver.

Un sondage publié la semaine dernière donnait pour la première fois les Conservateurs en tête des intentions de vote, devant les Libéraux de M. Trudeau.

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL