La dernière poche jihadiste bombardée

Claudine Rigal
Mars 14, 2019

Si le nombre exact de jihadistes jusqu'aux-boutistes retranchés est inconnu, les FDS estiment qu'il reste "entre 1.000 et 1.500" combattants à l'intérieur du réduit, selon leur porte-parole. "N'ayez pas peur", conclut ensuite un autre homme, cagoulé, en s'adressant "à tous les moujahidine", un mot signifiant "combattant du jihad" dans la rhétorique de l'EI.

Mais le tarissement du flot d'évacuations et l'"expiration" du délai accordé à l'organisation jihadiste pour la "reddition" de ses combattants avaient permis aux FDS de relancer dimanche soir leurs opérations militaires contre l'ultime poche de l'EI.

Quatre combattants des FDS sont morts dans les combats mercredi, selon le communiqué.

Les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de combattants kurdes et arabes, sont engagées depuis décembre dans une offensive contre l'EI avec le soutien d'une coalition internationale antijihadiste emmenée par les États-Unis.

En parallèle, les avions de la coalition anti-EI dirigée par les Etats-Unis ont pilonné des dépôts d'armes, tandis que des tirs de chars ont visé des positions jihadistes, ont indiqué le responsable ainsi que le porte-parole des FDS Mustefa Bali.

Sa défaite annoncée signera la fin territoriale du "califat" et revêt ainsi une grande importance symbolique.

Du "califat" autoproclamé en 2014 sur de larges pans de territoires à cheval entre la Syrie et l'Irak, il ne reste aujourd'hui aux djihadistes de Daesh qu'un tout petit secteur du village de Baghouz où sont dressées des tentes, près de la frontière irakienne.

Mais ces dernières semaines, la présence dans la poche de très nombreux civils, en majorité des familles de jihadistes, a freiné l'offensive.

Depuis, les avions de la coalition ont intensifié durant trois nuits consécutives leurs bombardements sur la dernier carré jihadiste pour forcer les irréductibles du "califat" à capituler.

Au sol, les affrontements se poursuivaient mercredi matin alors que les FDS s'attelaient, employant l'artillerie lourde, à contrer l'offensive de l'EI, amorcée à la faveur d'une tempête de sable, a indiqué un responsable des FDS.

Des colonnes de fumée noire se dégageaient dans le ciel, éclairé par des boules de feu et des obus éclairants.

"La dernière heure est maintenant plus proche que jamais", a dit sur Twitter M. Bali. Les "capacités" de l'EI "sont gravement détruites".

Selon les FDS, l'objectif est de "terroriser" jihadistes et civils pour les pousser à se rendre. Et cette tactique semble porter ses fruits.

Sur les plaines, à l'extérieur du village, plusieurs dizaines de personnes évacuées étaient assises mercredi à même le sol, formant de petits groupes, au milieu de champs parsemés de fleurs jaunes.

Près de 60.000 personnes ont déjà été évacuées de l'ultime poche djihadiste depuis décembre, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), un chiffre qui a surpris les forces anti-djihadistes.

La plupart d'entre elles ont été transférées vers le camp de déplacés d'Al-Hol (nord-est), où se trouvent désormais, selon le bureau de coordination humanitaire des Nations unies (Ocha), plus de 66.000 personnes.

"Un financement urgent est nécessaire et des lacunes subsistent au niveau de la livraison d'abris, d'eau (.) et des services de santé", a déploré mardi auprès de l'AFP Hervé Verhoosel, porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM).

Comme le précise en effet Le Parisien, l'EI a déjà entamé sa mue en organisation clandestine avec des combattants éparpillés dans le désert syrien pour mener des attentats meurtriers. On y entend un homme Abu Abd al-Azeem, militant du groupe Etat islamique.

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL