La réponse allemande à Macron — Europe

Claudine Rigal
Mars 11, 2019

Estimant qu'afin que la France puisse "refonder" l'Europe, elle doit "d'abord se redresser", M.Wauquiez présente son projet européen.

Dans l'optique des élections européennes fin mai, " le président français Emmanuel Macron a adressé un appel aux citoyens de l'Europe il y a quelques jours disant qu'il y avait urgence à agir. Selon lui, les électeurs européens ne peuvent se résigner à "une alternative entre proeuropéens et antieuropéens, progressistes et nationalistes, sauveurs et destructeurs, sans rien entre les deux".

"L'Europe ne vient pas de nulle part: elle est le fruit de trois traditions, gréco-latine, judéo-chrétienne et des Lumières", a-t-il ensuite écrit et non une une mondialisation déséquilibrée fustigée par le président de la République. Mais "avec ce manichéisme, le président fait courir à notre démocratie et à l'Europe un lourd danger", prévient-t-il. Sans le soutien de l'Allemagne, la France serait très isolée sur le sujet.

D'après le dirigeant, dont le parti oscille entre 8 et 14% dans les sondages pour ce scrutin, "la seule réponse qu'on apporte (aux Français), c'est soit toujours plus de l'Europe que vous ne voulez pas, soit plus d'Europe du tout".

La responsable, surnommée AKK, a aussi réclamé pour l'Europe un "siège permanent commun au conseil de sécurité" des Nations Unies, une revendication de longue date de l'Allemagne, alors que la France souhaite garder son siège. Sur les thèmes populaires à droite et développés par Emmanuel Macron, Laurent Wauquiez livre sa propre vision. Notamment "contre l'immigration de masse, nous proposerons une double protection: une protection aux frontières européennes pour ramener tous les bateaux de passeurs sur les côtes africaines, et une protection aux frontières nationales pour empêcher les entrées illégales en France".

En ce qui concerne la politique de concurrence, il indique que "quand le Président se découvre partisan de la préférence européenne, je suis heureux de constater que celui qui a bradé Alstom à l'américain General Electric corrige son approche et rejoint nos positions".

"C'est une faute de vouloir se débarrasser de la France dans l'Europe", conclut-il.

"Notre Europe doit être plus forte."

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