La salariée de Pôle Emploi se versait des indemnités

Xavier Trudeau
Mars 10, 2019

Un préjudice qui, s'étalant sur quatre longues années, qui aura coûté quelque 150 000 euros à l'agence pour l'emploi. Le tribunal correctionnel de Draguignan l'a ainsi condamnée à deux ans de prison avec sursis tandis que son collègue de 42 ans a écopé de six mois avec sursis. Ils étaient accusés de s'être versé des indemnités en trafiquant les dossiers de chômeurs. Dans ce contexte, la femme de 48 ans devra aussi rembourser 122 000 euros à Pôle Emploi et ensemble, ils devront solidairement payer 29 000 euros.

A l'audience, elle a présenté ses regrets et témoigné, outre de difficultés financières, des motifs qui l'avaient menée à un tel dérapage, selon son avocate Me Coline Martin: "C'était une employée de l'ANPE modèle jusqu'à ce que Pôle Emploi absorbe l'ANPE", l'ancienne agence nationale pour l'emploi fusionnée avec les Assedic. Pour se faire, elle créait des dossiers d'allocataires non-existants, liés à ses propres coordonnées bancaires.

Elle était poursuivie pour escroquerie par personne chargée d'une mission de service public, abus de confiance, faux et usage de faux, et son collègue pour recel.

Des contrôles trop peu nombreux?

Cette affaire, assez rare à Pôle Emploi selon le syndicat Snap, a été rendue possible par la dématérialisation des démarches. "Le système de contrôles croisés de Pôle Emploi a tendance à se relâcher, faute d'effectifs suffisants", a-t-il déclaré à l'AFP. Le "nombre de dossiers contrôlés" est "en baisse". "Avec la dématérialisation, on se prépare à des difficultés à venir", a-t-il encore déploré.

Pendant quatre ans, avec un collègue en CDD, une ex-employée du Pôle emploi de Brignole s'est versée des indemnités chômage pour un total de 150 000 euros.

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