L'Assemblée nationale veut renforcer l'action des sages-femmes et pharmaciens — Vaccination

Evrard Martin
Mars 24, 2019

Et ce dans la prise en charge de pathologies "aiguës du quotidien ", exprime l'Ordre des pharmaciens, mais bénignes comme la conjonctivite, la cystite ou l'angine. Les députés ont adopté un premier amendement qui autorise les pharmaciens à prescrire directement certains vaccins pour faciliter le parcours de soin des patients et contribuer au renforcement de la couverture vaccinale. Ce texte " vise à permettre aux pharmaciens (.) de délivrer selon (un) protocole mis en place par la Haute autorité de santé des médicaments dont la liste serait fixée par arrêté dans le cadre de pathologies bénignes du quotidien", a précisé le député macroniste devant la commission des Affaires sociales, cité dans le Quotidien du Médecin. Les pharmaciens devront suivre une formation et auront obligation d'être en lien avec le médecin traitant et de le tenir informer.

L'Assemblée a voté jeudi 21 mars des amendements permettant aux pharmaciens de prescrire directement certains vaccins et aux sages-femmes de prescrire et pratiquer des vaccinations dans certaines conditions.

Mais le corps des pharmaciens salue d'ores et déjà cet élargissement de leurs compétences, associé à une amélioration de l'accès aux soins et à un moyen de pallier la problématique des déserts médicaux. Dans un tweet, elle assure que " la coercition n'est pas la solution: au contraire, ça conduira à moins de médecins installés en libéral.il faut libérer du temps médical: c'est ce que l'on fait en travaillant avec les pharmaciens pour la délivrance de certains médicaments. Une décision saluée par les pharmaciens, mais certains députés craignent une "médecine à deux vitesses".

C'est notamment le cas du communiste Jean-Yves Lecoq, évoquant "le risque d'une médecine à deux vitesses ". Une proposition adoptée dans le cadre de l'examen du projet de loi relatif à l'organisation et à la transformation du système de santé. "Si on rentre dans cette démarche, on ne sait pas trop où cela s'arrête", s'inquiète le député LR Jean-Pierre Door. Les sages-femmes sont aussi autorisées à prescrire et pratiquer des vaccinations dans certaines conditions.

Le taux de couverture vaccinale de la France est un des plus bas d'Europe, inférieur à 20 % de la population cible, or l'étendre permettrait notamment de protéger les personnes les plus vulnérables comme les nourrissons ou les personnes âgées.

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, concède qu'il y a "encore du travail pour que tout le monde soit confortable avec cette délivrance de médicaments".

Il reviendra à la Haute autorité de santé de se prononcer courant 2019.

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