Le nombre de banquiers millionnaires augmente en Europe — Premiers de cordée

Xavier Trudeau
Марта 12, 2019

Grande place boursière oblige, l'immense majorité de ces millionnaires (3.567 précisément, soit 73,4%) résident au Royaume-Uni. Mais en 2017, le nombre de banquiers ayant perçu une rémunération annuelle d'au moins un million d'euros et vivant en Europe a augmenté de 5,7%: ils sont 4.859 "high earners" (hauts salaires), selon l'étude publiée par l'Autorité bancaire européenne (ABE) ce lundi 11 mars. Elle était aussi devancée par l'Allemagne et ses 390 banquiers à hauts revenus. Vient ensuite la France, avec 233 banquiers rémunérés plus d'un million d'euros en 2017, contre 205 l'année précédente.

A l'exception de certains pays, comme la Grèce, l'Irlande, le Luxembourg ou encore la Suède, chaque membre de l'Union européenne a vu son nombre de banquiers millionnaires augmenter. Par comparaison, les Français sont presque des petits joueurs: dans l'Hexagone, un dirigeant (non nommé) a lui touché plus de 4 millions en un an.

Leur nombre total dans l'ensemble de l'UE a bondi de plus de 40 % depuis 2010, année où ils étaient 3427. Seuls deux salariés ont gagné davantage, employés dans les métiers des banques d'investissement et empochant les modestes sommes de 7,5 millions et 11,48 millions d'euros. Le gros de ces financiers à haut salaire vient des métiers des banques d'investissement (émission de dettes et d'actions, activités de marché, conseil en fusions-acquisitions, etc.), ainsi que des salariés assumant des fonctions de haut encadrement. Il faut dire que depuis cette année là - et après l'injection de fonds publics dans plusieurs banques européennes touchées par la crise - les primes et bonus des banquiers font l'objet d'un plafonnement.

Le ratio de la part variable sur la part fixe de la rémunération de ces banquiers a ainsi encore reculé en 2017, à 101,08 % contre 104 % en 2016. C'est dans la gestion d'actifs que le ratio est le plus élevé et il a même augmenté à 402%, bien au-delà du ratio maximum de 200%, même s'ils concernent peu d'individus (16 dans toute l'UE). Il faudra en revanche attendre encore un an pour voir les éventuels résultats d'un "effet Brexit".

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