Le plus gros fonds souverain du monde se désengage du pétrole

Xavier Trudeau
Mars 11, 2019

Il exclut en revanche les groupes présents en aval (distribution, raffinage, .) ou intégrés (actifs sur tous les segments), tels que les géants ExxonMobil, Shell, BP et Total.

Si cette proposition est dictée par des considérations financières et non pas environnementales, ce désengagement, même partiel, est aussi perçu comme un coup porté aux énergies fossiles polluantes.

Cette décision fait apparaître " la dépendance aux combustibles fossiles comme financièrement malsaine ", juge ainsi Tom Sanzillo, directeur financier de l'Institut d'économie de l'énergie et d'analyse financière, un centre de recherche américain. Elle devrait, sauf coup de théâtre, être adoptée par le Parlement, et fait suite à une recommandation en ce sens de la Banque de Norvège. Elle reprend partiellement des recommandations formulées par la Banque de Norvège.n Chargée de gérer l'énorme bas de laine communément appelé.

Comme l'avait fait à l'époque la Banque de Norvège, la ministre a tenu vendredi à souligner que la décision "ne reflète aucunement une vue quelconque sur (l'évolution du) prix du pétrole, la rentabilité future du secteur pétro-gazier ou son caractère durable". En attendant, ce recul est une vrai onde de choc pour le secteur car la Norvège est la plus importante productrice e'hydrocarbures d'Europe de l'Ouest.

Pour les organisations de défense de l'environnement et les acteurs de la lutte contre le changement climatique, il s'agit cependant d'un succès incontestable et bienvenu à l'heure où la planète semble mal engagée pour tenir les objectifs de l'Accord de Paris.

L'annonce faite par la Norvège ne porterait que sur des investissements représentants environ 7,7Mds$ soit 20% de ses fonds investit dans le marché pétrolier dans son ensemble et environ 0,8% de la valeur globale du fond. Le pétrole serait moins rentable qu'il y a quelques années a sous-entendu la ministre des Finances du pays scandinave, Siv Jensen, qui a affirmé que la décision de se retirer des énergies fossiles serait surtout une réponse au déclin progressif du prix du pétrole.

Yossi Cadan, responsable de l'ONG 350.org ajoute dans un communiquéque ce mouvement du fonds " devrait être perçu comme une alerte rouge pour les banques privées et les investisseurs dont les actifs pétroliers et gaziers deviennent de plus en plus risqués et moralement intenables ".

Vu les sommes en jeu, un désengagement devrait prendre beaucoup de temps mais il fera date: les placements du fonds norvégien, qui détient l'équivalent de 1,4% de la capitalisation boursière mondiale, sont scrutés de près par les autres investisseurs.

Dans une initiative retentissante, le fonds s'est déjà retiré du secteur du charbon pour des raisons environnementales mais aussi financières.

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