L'enquête a débuté à Paris — Ethiopian Airlines

Xavier Trudeau
Mars 15, 2019

Le travail sur les boîtes noires du Boeing 737 Max 8 a débuté ce vendredi, avait fait savoir jeudi le Bureau français d'enquêtes et d'analyses (BEA) via Twitter. Au ledemain du crash en Ethiopie, La Chine, l'Indonésie et la compagnie Ethiopian Airlines ont décidé lundi d'immobiliser temporairement les flottes de Boeing 737 MAX 8.

Elles ont spécifié que cela ne présageait pas des causes de l'accident d'Ethiopian Airlines, dont les boîtes noires sont actuellement analysées par les autorités françaises pour tenter d'en élucider les causes, même si cette tragédie a des similarités avec Lion Air.

Dimanche 10 mars, le crash d'un 737 MAX 8 de la compagnie Ethiopian Airlines a fait 157 morts. Aux commandes, le pilote tente d'éviter deux autres avions en approche. Leur décryptage, ainsi que l'interprétation de leurs données, demande une grande expertise.

Pour l'heure, rien n'a filtré sur la possibilité d'exploiter pleinement ou non ces enregistreurs de vol. Le responsable par intérim du régulateur aérien américain, Dan Elwell, a affirmé mercredi qu'ils avaient été " endommagés " lors de leur impact avec le sol.

D'après les estimations des analystes financiers, ce correctif reviendrait à environ deux millions de dollars par appareil, soit une facture de moins d'un milliard au vu du nombre de 737 MAX en circulation, 371 unités selon Boeing.

Le 737 MAX 8 de Lion Air s'était écrasé en octobre dernier quelques minutes après le décollage, entraînant la mort de 189 personnes. Il se rallie ainsi, après avoir eu accès à de nouvelles données satellitaires fournies par le Canada, au consensus international sur ce nouvel avion du constructeur américain. "La sécurité des Américains, et de tous les passagers, est notre priorité absolue", a-t-il assuré.

La décision de clouer au sol les Boeing 737 MAX est un coup dur pour Boeing.

Il se pose toutefois une question de logistique: les compagnies aériennes clientes doivent-elles renvoyer les avions à Boeing ou alors l'avionneur doit-il se déplacer vers un site choisi par ses clients pour effectuer les changements?

L'enquête de l'accident de Lion Air a pour le moment mis en cause un dysfonctionnement sur le système de stabilisation en vol destiné à éviter un décrochage de l'avion, le "MCAS" (Maneuvering Characteristics Augmentation System).

Le MCAS, conçu spécialement pour les 737 MAX afin de remédier à des moteurs plus gros et plus lourds que ceux équipant les 737 d'ancienne génération, met l'avion en "piqué" lorsque l'appareil est en décrochage afin de regagner de la vitesse - sur la base d'une appréciation erronée dans ce cas. Les deux appareils ont connu des montées et des descentes irrégulières juste après avoir décollé.

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