Les Académies de médecine et de pharmacie mitigées sur l’homéopathie

Evrard Martin
Mars 30, 2019

L'Académie de pharmacie, elle, se prononcera sur ce communiqué vendredi prochain, a précisé l'Académie de médecine au Parisien.Le communiqué affirme que "l'état des données scientifiques ne permet pas de vérifier " les principes de l'homéopathie.

Les Académies nationales de médecine (ANM) et de pharmacie (ANP) publient conjointement leur avis sur l'homéopathie.

L'Académie de médecine s'est exprimée contre l'homéopathie. Mais cette fois, le timing est particulièrement opportun, alors que la HAS doit statuer sur le déremboursement de cette thérapie, introduite à la fin du XVIII siècle. Tout en reconnaissant "l'effet placebo" de cette pratique, les deux instances estiment qu'aucune analyse scientifique n'a pu démontré son efficacité à ce jour et demande que son statut médical soit révisé.

L'homéopathie pèse relativement peu dans les dépenses de Sécurité sociale: 129,6 millions d'euros (total incluant environ 70 millions d'euros de "préparations magistrales" remboursées) sur un total de 19,9 milliards de médicaments remboursés en 2017, selon l'Assurance maladie. Rien de convaincant n'a fait changer leur position. Mais ce n'est pas sans condition: il faut que celle-ci " n'induise pas une perte de chance en retardant la procédure diagnostique et/ou l'établissement d'un traitement reconnu efficace ". Ces voix comptent aussi pour la fin de son enseignement en facultés de médecine et de pharmacie. Une façon de ne pas leur fermer complètement la porte. L'Académie de médecine et l'Académie de pharmacie rappellent que la puissance du placebo dépend de "l'attente du patient, de l'annonce qui lui est faite, et de ce qui lui est proposé (charisme du thérapeute, réputation de la méthode, complexité du dispositif)" et que "l'effet conditionnement est lié à la répétition d'expériences antérieures d'amélioration sous médicament actif, et dépend de structures cérébrales profondes comme l'amygdale cérébrale".

Les Académies admettent toutefois qu'il " n'est pas contraire à l'éthique ni aux bonnes pratiques d'user de préparations homéopathiques, dans les situations où l'emploi d'une thérapie complémentaire est souhaitée ".

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