Les craintes sur la croissance mondiale pèsent à Wall Street

Xavier Trudeau
Mars 24, 2019

Hier, les indices américains avaient fortement réduit leur avance à la clôture, à tel point que le Dow Jones cédait 0,1% pour retomber à 25.887 points en fin de séance. L'indice composé S&P/TSX du parquet torontois a reculé de près de 1 %, cédant 155,26 points pour clôturer à 16 089,33 points.

Le spécialiste des marchés a par ailleurs noté que de nombreux acteurs de la Bourse, qui étaient restés sur le bas-côté lors du début d'année, se joignent désormais au mouvement de hausse des indices, ce qui les fait progresser d'autant plus.

"Les inquiétudes liées à l'économie mondiale sont de retour", a commenté Alan Skrainka de Cornerstone Wealth Management.

Ces chiffres ont rappelé la fragilité de l'économie internationale, en proie au ralentissement en Chine et en Europe qui pourrait déteindre sur les Etats-Unis.

Ces inquiétudes sur l'état de l'économie mondiale se reflétaient sur le marché obligataire américain.

Hormis les actions, d'autres classes d'actifs sont aussi affectés par ces statistiques inférieures aux attentes: l'euro perd 0,6% à 1,13 dollar et le rendement des Treasuries à 10 ans recule à 2,473%, un plus bas depuis janvier 2018. Accusant sa plus lourde perte sur une séance depuis le début de l'année (-1,1% face au dollar), elle est passé sous 1,31 dollar pour la première fois depuis plus d'une semaine.

Les taux à long terme sur le marché obligataire évoluent de pair avec les perspectives économiques aux Etats-Unis. "Le taux d'intérêt sur la dette américaine à trois mois était de 2,442 % contre 2,436 % pour celui à 10 ans". Je ne pense pas qu'il s'agisse d'un signe de récession imminente aux États-Unis. "C'est plutôt le signal que la croissance mondiale est en train de battre de l'aile", a observé Justin Lederer, stratégiste de taux pour Cantor Fitzgerald.

Wall Street a terminé en forte hausse jeudi, soutenue par une envolée des valeurs technologiques, alors que les investisseurs ont privilégié, contrairement à la veille, l'optimisme quant à un gel des taux cette année, au lendemain d'une réunion de la Fed.

L'action Nike perd 4,15% après la publication par le géant des articles de sport de ses résultats trimestriels marqués par des ventes en Amérique du Nord inférieurs aux consensus.

La plus forte baisse du CAC est pour EssilorLuxottica, qui a chuté de 6,55% sur fond de montée des tensions entre ses branches française et italienne.

General Motors a pour sa part abandonné 2,44%. Critiqué pendant plusieurs jours par le président américain Donald Trump pour la fermeture d'une usine dans l'Etat de l'Ohio, GM a annoncé ce vendredi investir 1,8 milliard de dollars de plus aux Etats-Unis et créer 700 nouveaux emplois. Le titre a gagné 2,12%. Ralph Nader, avocat et homme politique américain, a appelé vendredi à la création d'une association de défense des intérêts des passagers aux Etats-Unis pour faire la lumière sur le Boeing 737 MAX, après les accidents de deux appareils.

La chaîne de pizzas américaine Papa John's (+6,21%), en difficulté depuis que son président John Schnatter a démissionné pour propos racistes, a nommé vendredi l'ex-star de la NBA Shaquille O'Neal membre de son conseil d'administration.

Les cours du pétrole ont eux terminé en baisse, plombés par des craintes pour la demande en raison du ralentissement de l'économie mondiale.

Le Brent est monté à 68,69 dollars le baril, son plus haut niveau depuis le 13 novembre, et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) à 60,33 dollars, au plus haut depuis le 12 novembre.

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