Les députés britanniques rejettent massivement l'accord de Brexit

Xavier Trudeau
Mars 13, 2019

Strasbourg, 13 mars 2019 (AFP) - Le Royaume-Uni devra se positionner clairement sur le type de relation post-Brexit qu'il veut bâtir avec l'UE, pour que celle-ci puisse se prononcer sur un éventuel report de la date du divorce, a souligné mercredi le négociateur en chef de l'UE Michel Barnier. Le président du Conseil européen Donald Tusk juge que le rejet du traité a accru de façon "significative" le risque d'un Brexit sans accord, a fait savoir son porte-parole.

"Je regrette profondément la décision que cette chambre a prise", a-t-elle déclaré immédiatement après le vote, l'air fatigué et la voix enrouée, comme une métaphore des difficultés qu'elle rencontre dans ce processus d'une incroyable complexité, né du vote des Britanniques en faveur du Brexit lors du référendum du 23 juin 2016.

Et maintenant? Les députés voteront mercredi sur la possibilité de sortir de l'UE sans accord, un scénario particulièrement redouté par les milieux économiques. En cas de rejet de ce nouveau vote, les députés seront à nouveau sollicités ce jeudi pour voter sur un report limité de la date du Brexit.

Selon la porte-parole de la Commission européenne Mina Andreeva, l'UE serait également "prête à considérer" un report de la date du Brexit, si le Royaume-Uni devait en faire une demande "motivée".

"Il n'y aura pas de troisième chance, pas d'interprétation sur les interprétations, pas d'assurance sur les assurances", a-t-il dit en évoquant le vote de ce mardi.

Métaphorique ou non, la quasi-extinction de voix dont a souffert Theresa May toute la journée de mardi symbolisait l'état d'un pays réputé pragmatique mais restant sans voix faute d'avoir su accepter des compromis avec ses voisins. La publication de l'avis du conseiller juridique du gouvernement, l'attorney général Geoffrey Cox, n'y a pas aidé.

Cet accord doit éviter le rétablissement d'une frontière "dure" entre l'Ulster et la République d'Irlande après le Brexit, tout en permettant à Londres de quitter l'Union douanière d'ici 2020.

"L'Union européenne ne pourra pas appliquer le backstop de manière indéfinie et, s'il le fait, ce sera une violation de l'accord de retrait qui permettra de supprimer le backstop", a renchéri la Première ministre britannique, Theresa May.

"C'est merveilleux, c'est un pas de plus vers un maintien dans l'UE", a déclaré à l'AFP Nina Hawl, 82 ans.

"Il n'y aura pas de négociations dans les jours qui viennent et d'ici au 29 mars".

La livre sterling, en nette baisse avant le rejet de l'accord, a repris un peu de force juste après le vote, avant de plonger de nouveau face à l'euro et au dollar.

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