L'Etat va forcer Ford à revitaliser le site de Blanquefort — Macron

Xavier Trudeau
Mars 5, 2019

"Il existe des solutions et parmi elles évidemment celle de la nationalisation temporaire, qui est l'instrument par lequel on pourrait orienter le programme industriel de ce site vers les grands enjeux sur lesquels les constructeurs automobiles français se sont engagés avec l'Etat, à savoir ceux de la transition écologique et des véhicules propres", a affirmé M. Hamon aux médias devant cette usine qui fabrique des boîtes de vitesse.
Samedi, c'est Agnès Pannier-Runacher, la secrétaire d'État à l'Économie, d'annoncer que le gouvernement pouvait pousser Ford à mettre sur la table les millions d'euros nécessaires à la reconversion de l'usine. Le gouvernement entend bien obtenir le maximum du constructeur automobile pour réindustrialiser le site.

Ce dimanche, nouvelle salve de Bruno Le Maire. "On va forcer l'entreprise à revitaliser le territoire et donc à investir dans celui-ci pour sa conversion industrielle", avait annoncé le président de la République. L'administration doit donner ce lundi son avis sur le plan social mis en place par Ford; il faut s'attendre à ce que l'exécutif pousse l'entreprise à muscler ses propositions de suivi des salariés de l'usine de Blanquefort. Ford, dont la volonté de fermer le site remonte au début de l'année dernière, a refusé l'offre de reprise de Punch Powerglide. Une première mouture de ce PSE, présentée en décembre, avait été retoquée par la Direccte le 28 janvier.

Ford avait annoncé début 2018 son intention de se désengager de cette usine implantée en 1972 aux portes de la capitale girondine. Le dossier devrait donc rebondir une fois de plus sur le plan social, ce d'autant que le ministre de l'Économie le souhaite "généreux et solide ". Quant à l'aspect industriel, Bruno Le Maire attend du constructeur la prise en charge de la dépollution du site.

Philippe Poutou, délégué du syndicat CGT de Ford-Blanquefort et ancien candidat à l'élection présidentielle, a estimé dimanche que depuis l'annonce du retrait de la compagnie américaine il y a un an, les pouvoirs publics s'étaient "montrés impuissants, sans moyens de contraindre Ford en quoique ce soit". C'est d'ailleurs certainement déjà "budgétisé".

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL