Mouvement de grève aux finances publiques de Corse-du-Sud

Xavier Trudeau
Mars 14, 2019

À l'appel des syndicats Solidaires, CGT, FO, CFDT et CFTC, les employés du fisc dénoncent les coupes prévues dans leurs services, en particulier les suppressions de postes, qu'ils qualifient d'"incessantes". "Des projets départementaux fuitent et révèlent une explosion des structures, des suppressions massives de sites, de services et d'emplois comme jamais vu".

De son côté, la direction générale des finances publiques (DGFiP) a fait état auprès de l'AFP d'un taux de grévistes de 27,32%. La Réunion n'est pas épargnée avec déjà 15 suppressions en 2019.

À l'appel de l'intersyndicale Solidaires-CFT-FO-CFDT, les agents des finances publiques ont participé à une journée de grève nationale ce jeudi, afin de dénoncer la "baisse continuelle des moyens" humains et budgétaires ainsi que "l'augmentation" de la charge de travail. Nous pensons que nous allons perdre de 40 à 60 emplois, sur trois ans, en Aveyron. "Les contribuables font la queue à l'accueil, ils ont du mal à nous joindre au téléphone parce qu'on n'est pas assez nombreux", souligne-t-il.

A Toulouse, haut lieu de la contestation avec six semaines de grèves et blocages perlés, plusieurs centaines d'agents ont manifesté derrière une banderole proclamant "Faire toujours plus avec moins, on en a marre". "C'est plus facile de supprimer des postes dans les Finances que dans les hôpitaux ou les écoles, mais cette casse est passée du mode artisanal au mode industriel", a expliqué à l'AFP Raphaël Gutierrez, un contrôleur des finances de 50 ans.

À Marseille, plus de 200 agents ont occupé la direction régionale des finances publiques, selon un photographe de l'AFP. Au micro, les délégués évoquent une mobilisation partout en hausse et leur détermination à "continuer le combat".

Une nouvelle journée de grève est déjà programmée pour le 28 mars.

Fusion des services des impôts aux particuliers (SIP) et de ceux aux entreprises (SIE), fermeture de trésoreries, privatisation de missions. Ils retenaient notamment dans les locaux la déléguée du directeur général, chargée de piloter la restructuration en cours dans la région, selon Philippe Laget de la CGT.

"Si les implantations actuelles ferment, au lieu d'avoir un interlocuteur physique", les usagers devront "appeler un numéro payant ou se débrouiller seuls sur internet", avertit Christine Helstroffern, représentante de Solidaires dans le Bas-Rhin où "une dizaine de sites" étaient fermés. En Loire-Atlantique, "tout est paralysé" avec la fermeture des "quatre plus gros sites du département", s'est réjoui Pierre-Yves Grellier (CGT). Un rassemblement d'une trentaine d'agents s'est également tenu à Metz, selon la police.

Ils fustigent aussi "l'absence de dialogue social réel" au ministère, leurs questions étant pour l'instant "restées sans réponse" malgré leur demande d'être reçus par leur ministre de tutelle, Gérald Darmanin. Cependant, ce mercredi, à la veille de la mobilisation, l'intersyndicale a enfin reçu "une convocation pour le 26 mars" pour rencontrer le ministre.

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