Nouvelles manifestations monstres après l'annonce du report de la présidentielle — Algérie

Claudine Rigal
Mars 16, 2019

Vendredi à Alger, des médias et analystes algériens ont évoqué "des millions" de manifestants dans le pays pour ce quatrième vendredi consécutif d'une contestation nationale inédite depuis l'élection il y a 20 ans de M. Bouteflika. Une foule impressionnante et déterminée. Il est à parier que, comme c'est le cas depuis le début de ce face-à-face direct, entre Bouteflika et la rue, l'on aura droit à d'autres sorties et décisions spectaculaires dans les tout prochains jours...

Pour le quatrième vendredi de suite, les Algériens ont exprimé, hier, par millions et à travers tout le pays, un rejet franc, clair et extraordinairement unanime, "du cinquième mandat", "du quatrième mandat prolongé", du nouveau "plan de travail "; bref, de Abdelaziz Bouteflika et de l'ensemble de son régime. "Ce qu'ils demandent, c'est l'instauration d'une démocratie qui permettrait aux très nombreux partis politiques d'opposition de jouer leur rôle", conclut la journaliste.

Le Premier ministre algérien fraîchement nommé, Noureddine Bedoui, a promis ce jeudi 14 mars lors d'une conférence de presse un nouveau gouvernement d'experts où les jeunes et les femmes seront représentés. Des sources sécuritaires ont recensé des défilés dans au moins la moitié des préfectures du pays, du Nord au Sud. Le président de 82 ans est affaibli par les séquelles d'un AVC qui l'empêchent de s'adresser aux Algériens depuis 2013 et rendent ses apparitions publiques très rares.

Le carrefour est resté longtemps noir de monde, comme les rues qui y mènent, notamment une large avenue où un cortège compact s'étirait sur plus de deux kilomètres, selon une journaliste de l'AFP sur place. La police est restée discrète.

Les cortèges se sont globalement déroulés conformément au mot d'ordre "pacifique" de cette contestation. Onze policiers ont été légèrement blessés au moment des arrestations.

A la fin du cortège à la tombée de la nuit, des dizaines de jeunes, armés de sacs poubelles, ont nettoyé les rues.

De nombreux manifestants venus de province ont expliqué à l'AFP avoir passé la nuit à Alger chez des parents ou amis, craignant de ne pouvoir rejoindre la capitale vendredi en raison de barrages ou en l'absence de transports publics.

Une nouveauté: de nombreuses pancartes à Alger ont fustigé la France, ancienne puissance coloniale, et son président Emmanuel Macron qui a "salué la décision du président Bouteflika", tout en appelant à une "transition d'une durée raisonnable". "C'est le peuple qui choisit, pas la France", proclamait une grande banderole.

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