Pourquoi ça coince — Privatisation d'ADP

Xavier Trudeau
Mars 16, 2019

"Nous ne vendons pas les bijoux de famille, nous finançons les futurs joyaux de la couronne", a lancé Bruno Le Maire la semaine dernière en commission.

L'Assemblée nationale a rétabli jeudi l'article ouvrant la voie à la privatisation d'ADP, une des dispositions les plus emblématiques et les plus contestées du projet de loi sur la croissance et la transformation des entreprises. Au final, "le premier amendement portant sur le projet de privatisation n'a pu être examiné que quatre heures et demie après le début officiel des débats et une quinzaine de rappels au règlement ". Évidemment, cette privatisation ne fera pas des couloirs d'Aéroports de Paris un espace privatif puisque les lieux seront toujours ouverts au public. A droite comme à gauche, les oppositions dénoncent une atteinte au patrimoine national, invoquant aussi des arguments économiques autant que des questions de souveraineté ou de sécurité. Il pourra aussi révoquer le patron d'ADP si besoin, et en cas de manquement grave au respect du cahier des charges annuler la privatisation, et infliger une amende de 2 % du chiffre d'affaires au concessionnaire. Franceinfo vous en dit plus.

Aéroports de Paris bénéficie d'un droit d'exploitation exclusif des aéroports de Paris-Charles-de-Gaulle, Paris-Orly, Paris-Le Bourget, ainsi que de dix aérodromes en Ile-de-France.

Selon les observateurs, le gouvernement français ne compte pas revenir sur sa politique de privatisation, car la vente des parts de l'État dans ADP, tout comme la privatisation de la Française des Jeux (FDJ) et la diminution de la participation de l'État dans Engie, devant servir à alimenter un fonds pour l'innovation doté de 10 milliards d'euros.

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