Première greffe de rein d’une donneuse porteuse du VIH — Etats-Unis

Evrard Martin
Mars 30, 2019

L'opération a eu lieu lundi et l'annonce a été faite jeudi. En France, alors qu'une brèche a été ouverte concernant les personnes infectées par le virus de l'hépatite B et C, la réflexion concernant les séropositifs pour le VIH pourrait être relancée à l'occasion de l'examen des lois de bioéthique. Le rein de Nina Martinez, une femme séropositive âgée de 35 ans, a récemment été greffé à une autre personne séropositive. "Cela fait du bien d'avoir des bonnes nouvelles, car il y a beaucoup de problèmes insolubles avec le VIH".

Une étude ayant avancé que ce risque n'était pas avéré, l'hôpital Johns Hopkins de Baltimore a obtenu l'autorisation, en 2016, de procéder à la transplantation de rein de personne vivante à personne vivante, toutes deux séropositives. "Je me sens bien", a ainsi assuré, tout sourire, Nina Martinez, visiblement soulagée. "Une maladie qui signifiant une condamnation à mort dans les années 1980 est devenue une maladie si bien contrôlée aujourd'hui que les personnes vivant avec le VIH peuvent maintenant sauver des vies en faisant un don de rein". Un décret promulgué par Barack Obama autorisait à l'époque les personnes séropositives à recevoir des organes prélevés sur des personnes, elles aussi séropositives, décédées. La médecin Christine Durand estime qu'environ 10 000 personnes séropositives sont en dialyse, au dernier stade de l'insuffisance rénale. Plus largement les Etats-Unis font face à une pénurie de reins avec plus de 100 000 personnes en attente de greffe. Les médecins ont précisé que les donneurs devaient " être en bonne santé ", et " avoir le virus sous contrôle ". Avec les médicaments antirétroviraux actuels, c'est le cas pour de nombreux patients, sans effet secondaire en général. "À tous ceux qui envisagent de se lancer, je veux dire que c'est faisable". Comme toute innovation médicale, et les greffes en particulier, le développement sera progressif, a dit le chirurgien Dorry Segev. Le médecin a du reste déjà reçu des coups de fil de personnes porteuses du VIH candidates à un don de rein.

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