Trump dégaine son premier veto pour financer le mur promis en campagne

Claudine Rigal
Mars 16, 2019

Le chef d'Etat avait avait déclenché l'arme de l'urgence nationale il y a un mois après le refus du Congrès de lui octroyer les 5,7 milliards de dollars de budget qu'il réclamait pour construire son mur. La Chambre des représentants devrait à son tour approuver cette mesure.

Le texte n'ira toutefois pas plus loin car le président républicain Donald Trump mettra son veto, a indiqué la Maison Blanche mercredi, en se déclarant "fermement opposée" à cette résolution "bancale".

En cas de veto, le Congrès américain dispose du pouvoir de passer outre, mais il faut pour cela un vote à la majorité des deux tiers.

Avec la résolution sur le Yémen, "le Congrès exige au président de retirer les forces armées américaines des hostilités dans, ou affectant, la république du Yémen, à l'exception" des opérations visant Al-Qaïda et associés, sous 30 jours après l'adoption du texte.

La réaction tiède de Donald Trump face au jeune prince héritier Mohammed ben Salmane a notamment poussé des parlementaires des deux bords à s'unir.

Depuis des jours, sur Twitter et devant la presse, M. Trump avait mis la pression sur les sénateurs de son camp afin d'éviter ce revers.

Reste néanmoins l'humiliation de devoir dégainer son premier veto présidentiel pour sauver sa grande promesse de campagne malgré une majorité républicaine au Sénat (53 sièges sur 100). Selon le "New York Times", douze sénateurs républicains ont voté avec leurs collègues démocrates pour faire barrage à Donald Trump. Egalement, le libertarien Rand Paul, ou Mitt Romney, ancien candidat à la présidentielle de 2012, qui a expliqué avoir voulu voter "en faveur de l'équilibre des pouvoirs [entre le législatif et l'exécutif], au cœur de notre Constitution ".

Plaidant plutôt pour un renforcement des mesures de contrôle aux postes-frontière, sa présidente, la démocrate Nancy Pelosi, s'était farouchement opposée au budget réclamé par Donald Trump. Leur bras de fer autour de cette question a plongé les États-Unis dans la plus longue paralysie budgétaire de leur histoire, pendant 35 jours entre décembre et janvier.

La Chambre des représentants ne devrait cependant pas réussir à réunir suffisamment de voix pour surmonter le veto présidentiel. Il est peu probable qu'un nombre suffisant d'élus républicains s'opposent alors à Donald Trump, une large partie d'entre eux redoutant d'être confronté à la colère des sympathisants trumpistes.

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