Un quart des écoles parisiennes exposées à des niveaux de pollution inquiétants

Evrard Martin
Mars 29, 2019

Selon la cartographie de l'association Respire, qui doit être rendue publique ce jeudi, et élaborée avec des chiffres de 2017 et en croisant données d'Airparif avec la carte des établissements accueillant des enfants, 682 des 12 520 établissements (crèches ou écoles) d'Ile-de-France étaient exposés à des niveaux de pollution dépassant les normes de dioxyde d'azote NO2. Un quart des écoles parisiennes dépassent les seuils légaux. Cette carte interactive des établissements marseillais a été réalisée en superposant une carte de données de l'organisme de surveillance de l'air AtmoSud en 2017 et une carte des établissements accueillant des jeunes enfants (écoles maternelles et élémentaires, crèches et halte-garderies). Le dioxyde d'azote, émis en grande quantité par les moteurs diesel, favorise l'asthme, voire les affections pulmonaires chez l'enfant. 125 se trouvent dans la petite couronne et 9 en grande couronne.

La situation s'est améliorée dans la capitale entre 2012 et 2017, avec deux fois moins d'établissements exposés à des dépassements de seuil (26% contre 66%), a calculé l'association. Selon l'étude, un seul établissement dépassait en 2017 les seuils légaux de PM10. Cette étude soulevait toutefois que ces problèmes de santé pouvaient être dus aux logements insalubres des enfants. "C'est particulièrement révoltant", insiste Olivier Blond, président de Respire.

À Paris comme à Marseille, "le facteur principal semble être la distance aux axes routiers", indiquent les associations.

L'association s'est aussi intéressée aux particules (PM10) et aux particules fines (PM2,5). Mais en se basant sur les critères de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), plus stricts, la totalité des établissements scolaires parisiens dépassent les recommandations pour les particules fines et 97% pour les PM10.

Plus localement, les ONG préconisent des actions spécifiques aux différents enjeux des communes franciliennes, telles que la restriction de la circulation automobile autour des établissements scolaires, des méthodes alternatives de dépose des enfants (type Pedibus), une modernisation de la flotte d'autobus circulant à proximité des écoles, etc. A Paris, Anne Hidalgo s'engage à lancer une campagne de mesures dans les crèches, les écoles et les collèges parisiens à partir de la rentrée 2019. La pollution de l'air met en danger les plus jeunes, ces derniers étant plus vulnérables à pollution. Quant à l'association Respire, elle recommande de mettre en place une zone à faible émission (ZFE) "ambitieuse", ainsi qu'une voie réservée au covoiturage, aux transports en commun et aux véhicules électriques sur les autoroutes urbaines autour de Paris, ou encore de restreindre la circulation autour des écoles.

Réagissant à ces résultats sur Twitter, la maire de Paris a préféré focaliser sur les progrès effectués en matière de lutte contre la pollution. Les ONG plaident par ailleurs pour des mesures de la pollution à l'intérieur même des salles de classe, comme le prévoit la loi du 12 juillet 2010 portant engagement national pour l'environnement (Grenelle II), modifiée depuis, portant sur certains établissements recevant du public (ERP), dont les crèches et les écoles.

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