Après la Dépakine, d’autres antiépileptiques pointés du doigt — Malformations d’enfants

Evrard Martin
Avril 27, 2019

La Dépakine n'est pas le seul antiépileptique qui peut entraîner des malformations chez les enfants exposés dans le ventre de leur mère. L'autorité sanitaire dévoile une échelle des risques pour vingt et un traitements antiépileptiques.

→ En savoir plus sur le rapport "Antiépileptique au cours de la grossesse: état actuel des connaissances sur le risque de malformations et de troubles neuro-développentaux" sur le site de l'ANSM. En plus d'être donné contre l'épilepsie, le topiramate est parfois prescrit en dehors des indications officielles, notamment à des fins amaigrissantes ou pour des troubles bipolaires. "L'existence d'un risque avec ces antiépileptiques était connu, mais pas quantifié par les uns rapport aux autres", explique à l'AFP le Dr Philippe Vella de l'ANSM. Pour cinq autres médicaments, le risque est "élevé", multiplié par trois. Si les médicaments à base de valproate de sodium - Dépakote®, Dépakine®, Dépamide® et leurs génériques - sont déjà contre-indiqués aux femmes enceintes souffrant d'épilepsie et à celles en âge de procréer et sans contraception efficace depuis juillet 2017, cinq nouveaux traitements, commercialisés en France, le seraient également.

Les quatre autres sont le phénobarbital (Gardenal, Alepsal), la primidone (Mysoline), la carbamazépine (Tegretol) et la phénytoïne (Di-Hydan). L'association de victimes Apesac dénombre près de 100 victimes potentielles de cette nouvelle génération, présentant de graves malformations ou troubles neuro-développementaux, et demande qu'une étude soit réalisée.

La prégabaline (Lyrica et génériques) présente un "risque potentiel". Or, ils sont prescrits à environ 150 000 femmes en âge d'avoir des enfants. Par contre, la prise de lamotrigine et le lévétiracétam ne montre pas d'augmentation de la fréquence de malformations. Il s'agit du Trobalt (rétigabine), Fucompa (perampanel), Gabitril (tiagabine), Inovelon (rufinamide), Vimpat (lacosamide), Zarontin (éthosuximide) et Zebinix (acétate d'eliscarbazépine).

L'ANSM réunira un comité d'experts indépendants (CSST) le 14 mai pour proposer des mesures complémentaires de réduction des risques liés à l'exposition in utero aux antiépileptiques. Les auditions seront retransmises en direct sur la chaîne YouTube de l'agence.

Les femmes enceintes traitées par un antiépileptique doivent consulter sans attendre leur médecin. L'ANSM vient de publier une analyse des données disponibles à ce sujet. Pour celles qui envisagent une grossesse, il est là encore conseillé de consulter son médecin avant toute chose, "pour réévaluer [leur] traitement avant d'être enceinte". Elle rappelle aussi que le "traitement doit être réévalué par un professionnel de santé régulièrement même en l'absence de projet de grossesse".

Dans tous les cas, l'Agence rappelle qu'il ne faut pas arrêter ou modifier son traitement sans l'avis d'un médecin ou d'un pharmacien.

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