Après le grand débat, le gouvernement promet de grands chantiers

Xavier Trudeau
Avril 10, 2019

Le Premier ministre a indiqué qu'aucun ministre ne pourra ouvrir un débat, sans l'aval du chef de gouvernement.

"Demain, devant l'Assemblée nationale puis mercredi devant le Sénat, j'aurai l'occasion de préciser les enjeux", a expliqué lundi le Premier ministre après avoir rendu compte de la synthèse de deux mois de consultations en réponse à la crise des "gilets jaunes".

Plus de 1,5 million de personnes ont participé directement au grand débat d'après les comptages officiels: un tiers via le site dédié, un tiers dans les quelque 10.000 réunions locales, un tiers dans les 16.000 cahiers de doléances ou par courrier libre.

Patronne des députés PS, Valérie Rabault a jugé que " sortir de ce grand débat sans vision pour la France (...), en réduisant la pensée politique à des punchline du type tolérance fiscale zéro "n'était "pas à la hauteur ". Il a salué la culture du débat qui se serait manifestée dans ce dialogue citoyen.

Le discours a surtout agacé à gauche, où l'on accuse le premier ministre d'avoir livré une analyse orientée et de préparer en réalité une accélération, plutôt qu'une correction, des réformes menées depuis le début du quinquennat. Le Premier ministre n'hésite pas à rappeler d'ailleurs aux Français qu'ils peuvent avoir confiance en lui: "Vous pouvez compter sur ma détermination absolue pour faire du succès du grand débat une chance pour les Français".

La mobilisation s'est largement essoufflée.

Mais le mouvement perdure malgré tout, nombre de "gilets" jugeant que ce vaste débat n'est qu'un tour de passe-passe destiné à les étouffer, d'autant plus qu'Emmanuel Macron avait limité les thèmes à l'écologie, les impôts, les services publics et la démocratie. Cependant, d'autres ont spontanément émergé dans la consultation: la santé, mais aussi les retraites ou encore la dépendance.

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF a fait le même constat: "quand j'entends le Premier ministre parler d'exaspération fiscale et derrière de dire baisse de la dépense publique et baisse des impôts, c'est réducteur, car dans les débats les Français disent qu'ils veulent des services publics de proximité, donc augmentation du budget de l'Etat et rétablissement de l'ISF".

Après deux mois de consultation nationale en réponse à la crise des gilets jaunes, les "décisions" qu'Emmanuel Macron doit annoncer dans les prochains jours seront "puissantes et concrètes", a lancé le chef du gouvernement dans un hémicycle presque comble, au lendemain de la synthèse des quelque 2 millions de contributions des Français. Selon son entourage, il pourrait égrener des décisions jusqu'à l'été, enjambant les élections européennes du 26 mai. Une seule certitude, les grands chantiers concerneront " des sujets qui devront faire l'objet d'une concertation (...) avec les élus locaux quand il s'agit de l'avenir de nos territoires, avec les organisations syndicales et patronales quand il s'agit de faire vivre la démocratie sociale, et avec les associations dont le grand débat a rappelé le rôle essentiel dans notre vie citoyenne ".

Emmanuel Macron s'est engagé à répondre sans "reniement" ni "entêtement" aux souhaits des Français, un "en même temps" qui maintient le flou.

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