Ce que comptait annoncer Emmanuel Macron

Xavier Trudeau
Апреля 17, 2019

L'incendie qui a ravagé Notre-Dame de Paris lundi a perturbé les plans du président de la République. En raison de l'incendie de la cathédrale, Emmanuel Macron a dû reporter son allocution de sortie du grand débat qui devait lancer l'acte II du quinquennat avec des annonces " puissantes et concrètes ".

Ce projet d'allocution contient plusieurs annonces significatives, à commencer par une baisse "des impôts des classes moyennes", sans plus de précisions, mais financée notamment par "la suppression de certaines niches fiscales".

Il est "favorable" à ce que des référendums d'initiative citoyenne (RIC) "puissent être organisés sur certains sujets d'intérêts locaux".

Enfin, décision symbolique, avec l'annonce de la suppression de l'ENA, la grande école des politiques. "Quarante minutes plus tard, soit vingt minutes avant l'heure H, Emmanuel Macron a finalement tout annulé pour se rendre sur place". On ignore cependant si son allocution sera exclusivement consacrée à la situation à Notre-Dame ou bien s'il évoquera les mesures tirées du grand débat national. Pour répondre aux critiques sur l'élitisme de la société française faites par certains gilets jaunes (une société où on ne peut réussir que si on sort d'une grande école mais où on ne peut rentrer dans une grande école que si on est né dans une bonne famille), Emmanuel Macron aurait prévu de supprimer l'ENA.

Sujet récurrent dans l'hémicycle, les fermetures d'écoles et d'hôpitaux seront gelées jusqu'à la fin du quinquennat, "sauf demande des maires".

"C'est pourquoi nous en changerons la formation, la sélection, les carrières en supprimant l'ENA et plusieurs autres structures pour en rebâtir l'organisation profonde", avait prévu de déclarer le chef de l'État.

Le président réclame aussi une "évaluation objective" de la transformation de l'ISF en IFI dès le début de l'année 2020, afin d'"apporter toutes les modifications et corrections nécessaires".

Prenant acte que "beaucoup de nos concitoyens ont le sentiment que leur territoire est abandonné", le chef de l'Etat souhaite aussi "assurer la présence des services publics" et "ouvrir un nouvel acte de notre décentralisation", notamment avec "plus de fonctionnaires sur le terrain, avec davantage de responsabilités", "et moins de fonctionnaires à Paris pour écrire des normes ou créer des règles".

Et d'abord, lui qui a reconnu avoir " échoué à réconcilier les Français avec leurs dirigeants ", veut " donner plus de force à notre démocratie ".

Parmi les mesures en faveur du pouvoir d'achat, le texte mentionne également que la prime exceptionnelle de 1.000 euros défiscalisée et sans cotisations sociales, décidée fin décembre 2018, va être "pérennisée" et ouverte aux employeurs "chaque année". Le chef de l'Etat envisagerait la réindéxation des retraites de moins de 2 000 € sur l'inflation.

Ce "nouveau projet de décentralisation et de différenciation" doit être annoncé "d'ici à la fin de l'année". Le président promet aussi l'installation d'une "une convention de 300 citoyens tirés au sort" au mois de mai, qui aura pour mission de "travailler à la transition écologique et aux réformes concrètes à prendre". Autre mesure: la prime exceptionnelle de 1.000 euros annoncée en décembre sera poursuivie.

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