Dès aujourd’hui, les perruques seront mieux remboursées, enfin — Cancer

Evrard Martin
Avril 6, 2019

Lorsque certains patients perdent leurs cheveux à la suite d'une maladie ou d'un lourd traitement, ils ont parfois recours à une prothèse capillaire.

Dès aujourd'hui, les malades atteints d'un cancer et ayant recours à une prothèse capillaire pourront bénéficier d'une perruque sans reste à charge. À noter que chaque année, 45 000 femmes et 5 000 hommes ont besoin de s'en acheter une. Ces changements sont-ils bénéfiques pour les patientes?

Le ministère de la Santé s'est défendu en rappelant que le remboursement intégral des perruques de classe 1 correspond à "la très grande majorité (plus de 95 %) des perruques prises en charge". "Le cancer, c'est une série de pertes de la féminité dont celle des cheveux est la plus visible. Essayer de garder le visage qu'on avait avant, cela vous tire vers le haut", ajoute celle qui a milité pour débloquer ce dossier remis à l'ordre du jour par la ministre de la Santé Agnès Buzyn en juin.

Pour les prothèses fabriquées à base d'au moins 30 % de cheveux naturels dites de classe 2, plus onéreuses, l'Assurance Maladie prendra à sa charge 250 euros à condition que leur prix ne dépasse pas 700 euros. Jusqu'à présent, 125 € étaient pris en charge.

"Mes cheveux, c'était une partie de mon identité" a expliqué Vanessa Bonheur à l'AFP.

Le changement à venir ce 2 avril pour le remboursement est une bonne chose face à "une injustice sociale", estime Elise. "Pour être en accord avec le reflet dans le miroir" et aussi "par peur du regard des autres", elle a choisi de porter une perruque pendant sa chimiothérapie. C'est pourquoi la Ligue contre le cancer demandait, depuis plusieurs années, la hausse du montant de remboursement afin de limiter voire de supprimer le reste à charge difficilement supportable pour ces personnes malades. "Il faut avoir les moyens, j'ai eu cette chance".

Dans le cadre du 3e plan cancer, les perruques seront remboursées selon un classement en trois catégories, publié par le Journal Officiel.

Pour "les adolescentes, très sensibles à leur image" qui souhaitent garder "des cheveux longs", leurs parents devront payer de leur poche une prothèse en cheveux naturels, les modèles synthétiques n'existant qu'en cheveux courts.

L'achat d'une perruque à près de 1 000 €, intégralement financée par la mutuelle généreuse de son époux, a permis à Céline de continuer son travail en vue d'une titularisation, sans que ses " clients ne se rendent compte de rien ".

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