Des cloches électriques installées "provisoirement" à l'origine du sinistre — Notre-Dame

Claudine Rigal
Avril 25, 2019

La Brigade criminelle privilégierait plutôt " la piste du court-circuit", notamment "les moteurs des ascenseurs des échafaudages et les boîtiers électriques nécessaires aux travaux". Le Canard enchaîné affirme que les enquêteurs avaient retrouvé sept mégots sur le site.

La charpente de Notre-Dame avant sa destruction par le feu.

Selon le Canard enchaîné, cité par Marianne, trois cloches ont été installées en 2007 au-dessus du transept. Les câbles électriques de ces cloches courraient dans les combles, et pourraient avoir déclenché l'incendie par un court-circuit.

Une pratique interdite loin d'être isolée au sein de la cathédrale car les failles de sécurités s'enchaînent au fur et à mesure que l'enquête progresse.

La première alarme a bien retenti cinq minutes après l'alerte lumineuse du détecteur de fumée, mais elle a été considérée comme une "fausse alerte". Ce retard dû à "une série d'erreurs humaines" a rendu "le brasier totalement incontrôlable", poursuit l'hebdomadaire, qui revient sur la chronologie du drame. Celles qui abritaient la flèche étaient également électrifiées au début des travaux de rénovation des grandes cloches des beffrois. Mais l'électricité n'aurait jamais été coupée.

À cela s'ajoutera le concours international d'architectes pour la reconstruction de la flèche qui s'est effondré dans les premières 90 minutes de l'incendie. Pour cause, le régisseur et un agent de sécurité de la cathédrale, envoyés sur le toit pour vérifier la réalité de l'alerte, se sont trompés d'endroit et n'ont pas détecté de feu. La faute, disent-ils aujourd'hui, à un employé du PC sécurité de la société Elitys, qui n'aurait pas correctement indiqué la zone concernée. Une version démentie par l'entreprise contactée par le journal. Finalement, ils finissent par localiser les flammes à la base de la flèche et préviennent les pompiers, 35 minutes après la première alerte du détecteur de fumée.

Autre point relevé: le plan incendie mis en place par la direction régionale des affaires culturelles, n'aurait pas été appliqué. Par contre le PC sécurité devait fonctionner 24 h/ 24 et être composé de deux surveillants rémunérés par l'État, sauf qu'ici un seul homme était présent de 8 h à 23 h.

Pour le reste, les sapeurs-pompiers ont eu la mauvaise surprise de constater lors de leur délicate intervention que les colonnes sèches qui étaient censées pouvoir être raccordées en extérieur à une source d'eau, ne permettaient pas de délivrer plus de 200 à 500 litres d'eau par minute.

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