Emmanuel Macron confirme vouloir supprimer l’ENA

Claudine Rigal
Avril 26, 2019

François Hollande a défendu mercredi l'Ecole nationale d'administration, dont il est lui-même issu, à la veille d'une conférence de presse d'Emmanuel Macron qui pourrait en annoncer la fermeture. Emmanuel Macron s'est dit, jeudi 25 avril, prêt à "abandonner" cet objectif qu'il avait lui-même fixé, "si ce n'est pas tenable".

"Nous devons gérer très différemment les carrières de nos hauts fonctionnaires, avoir davantage de passerelles tout au long de la vie professionnelle, pour permettre, avec des règles de déontologie extrêmement strictes, à des gens qui viennent du privé, du monde associatif, d'intégrer la haute fonction publique à différents moments", avait auparavant développé le chef de l'Etat.

"(Non) pas pour se donner le plaisir de supprimer" l'École nationale d'administration, mais "pour bâtir quelque chose qui fonctionne mieux", a justifié le président de la République. "Il faudra " garder les locaux, les agents qui y sont, d'excellente qualité " mais " je ne crois pas du tout au rafistolage, à la réforme " un peu", a-t-il poursuivi en évoquant ses prédécesseurs qui ont essayé de réformer l'ENA sans y parvenir.

La création de l'école en 1945, rappelle-t-il aussi, visait précisément à mettre fin à "un système de cooptation" des hauts fonctionnaires. D'où la suppression annoncée des grands corps.

Le deuxième étage de la réforme concerne la formation dispensée dans les écoles qui forment les élites administratives.

Prenant la plume pour la défendre, son directeur, Patrick Gérard, s'est également évertué à infléchir la volonté présidentielle en tentant d'en corriger l'image.

"Ce qui est le plus troublant en France, c'est ce qu'on appelle les réseaux, ceux qui se partagent les responsabilités, les postes".

"L'actuelle promotion Molière ne compte aucun enfant d'énarque, de ministre ou de parlementaire", a-t-il relevé dans une tribune publiée par le Figaro, tout en admettant que l'on puisse "regretter que seuls 19% des élèves actuels aient un parent ouvrier, commerçant, employé, agriculteur, artisan ou chômeur".

"Ne cassons pas ce qui est regardé par beaucoup de pays comme une référence", implorait encore mercredi François Hollande qui tout comme Emmanuel Macron, Valéry Giscard d'Estaing et Jacques Chirac, a fréquenté l'ENA. Emmanuel Macron, se disant "profondément attaché au modèle méritocratique" et à "un élitisme républicain", a voulu "un geste large".

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL