En Corse, l'ancien ministre tente de retrouver une vie normale — Jérôme Cahuzac

Claudine Rigal
Avril 11, 2019

En effet, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Bastia a accepté mercredi de placer l'ancien ministre du Budget sous bracelet électronique.

Jérôme Cahuzac, condamné en décembre 2016 à trois ans de prison ferme avant de voir sa peine diminuée en appel à deux ans de prison ferme en mai 2018, va échapper à la prison. En effet, selon le code de procédure pénale, toute personne condamnée à une peine d'emprisonnement ferme inférieur ou égale à deux ans peut bénéficier d'un aménagement de peine. " Il est normal que Jérôme Cahuzac puisse effectuer sa peine dans le cadre d'un placement sous surveillance électronique " a réagi l'avocat de l'ancien ministre, cité par BFMTV.

Jérôme Cahuzac, 66 ans, demeure dans sa résidence de Pianotoli-Caldarello, à 110 km d'Ajaccio, et a entamé des démarches pour exercer la profession de médecin généraliste qui est encore soumise à l'autorisation de l'Ordre des médecins.

"La cour n'a pas cédé à la démagogie", s'est-il félicité, ajoutant que son client "aura droit, une fois cette peine purgée, à reprendre le cours de sa vie".

Lors du jugement en appel, Jérôme Cahuzac avait fait par de sa " peur d'aller en prison ". La justice a décidé ce mercredi de son placement sous bracelet électronique. "Cette position, au vu des éléments du dossier, aurait été prise à l'identique pour tout autre condamné ", avait assuré Franck Rastoul.

Jérôme Cahuzac doit désormais être convoqué pour la pose de son bracelet électronique et devra respecter des heures de sortie.

Dans sa décision du 13 février, le juge de l'application des peines ajaccien avait précisé qu'"au regard des efforts (de M. Cahuzac) et de sa situation prise dans sa globalité, exécuter la partie ferme en détention n'aurait pas de sens". "Un avis favorable qui a été choisi au regard de plusieurs arguments, d'abord celui des " regrets manifestes du condamné", mais également le fait que " le risque de récidive est écarté ", " l'implication durable dans différents projets, notamment professionnels " ainsi que le fait qu'il ait réglé son amende d'un montant de 300.000 euros. Cette retentissante affaire avait secoué le quinquennat de François Hollande et conduit à la création en 2013 du parquet national financier. L'ancien ministre avait nié pendant des mois, fin 2012, l'existence d'un compte caché, avant de finalement démissionner en mars 2013 et d'avouer en avril.

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