EPR de Flamanville: des experts de demandent que des soudures soient refaites

Xavier Trudeau
Апреля 15, 2019

Le feuilleton des retards de l'EPR de Flamanville risque de s'enrichir d'un nouvel épisode, les experts de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) estimant qu'EDF devait y engager des travaux complexes à la suite de problèmes de soudures.

L'ASN doit prochainement rendre public son avis sur cette base.

C'est un "running gag" qui ne fait rire personne chez EDF, et qui fâche tout rouge le gendarme du nucléaire: en chantier depuis 2007 et initialement prévu pour entrer en service en 2012, le fameux réacteur EPR de la centrale de Flamanville, dans la Manche, devait aux dernières nouvelles produire ses premiers kilowattheures d'électricité début 2020, après un énième retard à l'allumage.

EDF souhaite laisser en l'état huit de ces soudures, difficilement accessibles, et faire la démonstration qu'elles n'ont pas besoin d'être reprises.

Aussi, compte tenu de l'importance des écarts identifiés, l'IRSN a conclu qu'EDF devrait, plutôt que rechercher à justifier une acceptabilité en l'état, procéder à la remise en conformité des soudures concernées. Mais, le chantier risque de prendre à nouveau du retard en raison de ces nouvelles réparations. Le coût de l'EPR demeure pour l'heure à 10,9 milliards, une enveloppe qui a déjà triplé. Des représentants de la CLI de Flamanville, du HCTISN, de l'ANCCLI et des autorités de sûreté étrangères concernées par la construction d'un réacteur EPR ont assisté à cette séance en tant qu'observateurs.

"Maintenir en l'état ces soudures ne peut pas être conforme à l'exigence d'exclusion de rupture et il faut donc réparer", selon les conclusions du groupe d'experts citées par la source interrogée par Reuters.

Le groupe d'experts n'a pas pu examiner les éléments concernant les autres soudures des lignes vapeur principales, pour lesquelles EDF a prévu une mise en conformité, et a fait savoir qu'il se réunira à nouveau le 6 juin 2019 pour examiner les propositions de l'électricien français.

Or EDF, qui a mobilisé 80 soudeurs qualifiés pour "reprendre " une partie des 66 soudures du circuit secondaire servant à évacuer la vapeur, "n'a jamais vraiment envisagé de réparer" les huit grosses soudures les plus problématiques.

"Les recommandations formulées et les pistes de solution suggérées par le groupe permanent (d'experts) pourraient impacter le calendrier de mise en service et le coût de construction", a indiqué EDF jeudi dans un communiqué.

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