Guaido dit entretenir des contacts "très discrets" avec des militaires — Venezuela

Claudine Rigal
Avril 10, 2019

Le pouvoir chaviste, qui n'entend pas laisser la rue à l'opposition, a lui aussi fait descendre dans la rue des milliers de fidèles vêtus de rouge contre l'"impérialisme".

"On est en mode survie, c'est ce à quoi nous oblige cette dictature", a déclaré à l'AFP Marcel Rouaix, un étudiant de 22 ans.

Les manifestations opposées ont eu lieu quelques jours après que l'Assemblée constituante du Venezuela a privé mardi le chef de l'opposition Juan Guaido de son immunité parlementaire, ouvrant la voie à des poursuites et à une éventuelle arrestation.

Plus tôt, le chef du Parlement Juan Guaido, reconnu président par intérim par une cinquantaine de pays dont les Etats-Unis, a émis des doutes sur de telles discussions et soupçonné le gouvernement de viser un autre objectif.

Le gouvernement de Donald Trump n'exclut pas d'intervenir au Venezuela, pays qui compte les plus grandes réserves de pétrole de la planète, tandis que M. Guaido songe à demander au Parlement d'autoriser une opération militaire étrangère.

La marche de ce samedi vise aussi à protester contre les coupures de courant à répétition et les problèmes d'approvisionnement d'eau.

Depuis le 7 mars et une méga-panne qui avait laissé presque tout le pays dans l'obscurité pendant cinq jours, les coupures d'électricité ont été sporadiques au Venezuela.

Les Vénézuéliens, qui subissent les conséquences d'une grave crise économique et d'une inflation évaluée pour cette année à 10 000 000 % par le Fonds monétaire international (FMI), sont en outre frappés par l'effondrement des services publics, et notamment la distribution d'eau, l'absence d'électricité paralysant les pompes qui alimentent les bâtiments.

Maduro "parie sur l'usure" Selon un rapport interne de l'ONU consulté par l'AFP la semaine dernière, sept millions de personnes -près du quart de la population vénézuélienne- ont besoin d'aide humanitaire et manquent de nourriture et de soins médicaux.

" Le gouvernement parie sur l'usure de Guaido, qui a réussi jusqu'à présent à conserver un large soutien politique et populaire", estime le politologue Luis Salamanca.

Le Conseil de sécurité des Nations unies doit se réunir mercredi à la demande de Washington, en présence du vice-président américain Mike Pence, pour discuter de la crise humanitaire au Venezuela.

"Ce n'est qu'un premier pas", a prévenu samedi John Bolton, le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche qui a également mis en garde le ministre de la Défense, le général Vladimir Padrino.

Toutes ces manifestations doivent composer avec la présence des " colectivos", ces hommes armés agissant en milice pour s'en prendre à l'opposition.

À un moment donné, la foule a scandé: "L'eau a disparu, le courant a disparu, et maintenant, Maduro, ce qui manque, c'est que toi aussi tu disparaisses".

"On est en train de résister", assure Larry Moreno, 65 ans, vendeur de légumes sur un marché de Caracas, qui accuse l'"opération liberté" de Guaido de servir à "camoufler" une prochaine intervention militaire américaine.

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