Julian Assange arrêté par la police à Londres

Claudine Rigal
Avril 11, 2019

Le Home Office a confirmé l'arrestation. Il s'y était réfugié en 2012 de crainte d'être extradé vers la Suède où il était accusé de viol, une procédure entretemps fermée. Mais Londres se refuse à lui accorder un sauf-conduit, qui lui permettrait de quitter l'ambassade, et maintient un mandat d'arrêt pour violation des conditions de sa liberté conditionnelle dans l'affaire suédoise. Julian Assange a voulu se maintenir comme un "acteur d'opinion mondial", sans respecter le "code minimal qu'un bénéficiant d'asile doit avoir: ne pas donner son avis ou s'impliquer dans un processus politique", a déclaré à l'AFP Katalina Barreiro, de l'Institut des hautes études nationales à Quito. Le secrétaire d'État britannique pour l'Europe et les Amériques, Alan Duncan, s'est dit dans un communiqué "très reconnaissant envers le gouvernement équatorien pour l'action qu'il a entreprise" et précisé que l'arrestation faisait "suite à un dialogue approfondi entre nos deux pays".

L'Équateur "a mis fin illégalement " à l'asile politique accordé à Julian Assange et l'ambassadeur a "invité " la police britannique dans l'enceinte diplomatique pour l'arrêter, a accusé de son côté le site d'information WikiLeaks dans des tweets. En octobre dernier, Quito a imposé à Julian Assange un protocole de comportement qui régule ses visites, ses communications et même son hygiène au sein de l'ambassade. Mais il a "décidé de manière souveraine de retirer l'asile diplomatique à Julian Assange pour avoir violé à plusieurs reprises les conventions internationales et le protocole de cohabitation", a-t-il expliqué dans une vidéo diffusée jeudi sur Twitter. L'expert en informatique dénonce un plan des Etats-Unis visant à le juger et à le faire condamner à mort pour la publication de milliers de documents secrets sur le site WikiLeaks.

Difficile de dissocier WikiLeaks de son fondateur australien, génie persécuté pour les uns, manipulateur paranoïaque pour les autres.

WikiLeaks se fait connaître du grand public en 2009 avec la publication de centaines de milliers de messages de bipeurs envoyés aux États-Unis le 11 septembre 2001. Il craignait d'être extradé aux États-Unis pour la diffusion de documents sensibles.

Assange s'étant réfugié en 2012 à l'ambassade d'Equateur à Londres pour échapper à une arrestation par la police britannique, la Suède avait abandonné les poursuites en mai 2017, à trois ans de la prescription, faute de pouvoir faire avancer l'enquête.

"Sur des images saisissantes, on peut voir la police extraire de force un Julian Assange à la longue barbe blanche, qui se débat et qui proteste". "L'Equateur a rempli ses obligations dans le cadre du droit international". A noter que l'avocate de la femme qui accuse Julian Assange de viol en Suède en 2010 a indiqué ce jeudi qu'elle allait demander au parquet la réouverture de l'enquête.

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