L’AFP annonce l’expulsion de son directeur à Alger par les autorités locales

Claudine Rigal
Avril 11, 2019

La France a "regretté" mercredi l'expulsion du directeur de l'Agence France-Presse (AFP) à Alger, Aymeric Vincenot, par les autorités algériennes, qui ont refusé de renouveler son accréditation pour 2019.

Le correspondant de l'agence AFP, Aymeric Vincenot, était en situation irrégulière depuis le 28 février dernier suite à l'expiration du délai que lui ont accordé les autorités algériennes pour quitter le pays suite à l'expiration, le 31 décembre 2018, de son accréditation et de son permis de travail. Cette décision " est inacceptable", a réagi le PDG de l'AFP, Fabrice Fries.

"En nous privant de chef de poste sur place, cette décision porte gravement atteinte à notre dispositif, qui vise à assurer une couverture exhaustive et rigoureuse des évènements historiques qui se déroulent actuellement en Algérie", a ajouté M. Fries. Des envoyés spéciaux y ont été dépêchés ces dernières semaines, et l'agence entend continuer de déposer des demandes de visa pour d'autres journalistes.

"Nous regrettons cette décision et rappelons notre attachement à la liberté de la presse et à la protection des journalistes, partout dans le monde", peut-on lire dans le point de presse électronique du Quai d'Orsay.

Les autorités algériennes n'ont jamais notifié officiellement la direction de l'Agence de leur décision et de ses raisons.

Fin mars, un envoyé spécial de l'agence Reuters, le journaliste tunisien Tarek Amara, a aussi été expulsé d'Algérie, après avoir couvert des manifestations contre le régime pendant plusieurs jours.

Au lendemain du départ d'Aymeric Vincenot, chef du bureau AFP en Algérie, la France exprime ses regrets alors que l'opinion fait valoir ses vives inquiétudes d'autant qu'Alger a entamé la répression de manifestants.

Reporters sans frontières, qui a placé l'Algérie à la 136e place sur 180 pays dans son dernier classement de la liberté de presse, avait condamné ces interpellations et " l'intervention brutale des forces de l'ordre ". Reuters avait de son côté affirmé à l'AFP que son journaliste disposait d'une accréditation pour exercer en tant qu'envoyé spécial.

Dans le communiqué de l'AFP, son PDG, Fabrice Fries, a tenu à exprimer "la solidarité" de l'Agence "envers les journalistes algériens, qui font courageusement leur métier dans des conditions particulièrement difficiles".

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