La 25e campagne débute ce soir — Sidaction

Evrard Martin
Avril 8, 2019

L'objectif de ce week-end est de récolter un maximum de dons pour faire progresser la recherche contre l'épidémie du virus du Sida. A contrario, 32% estiment avoir moins de risques d'être contaminé que les autres alors que 42% se disent mal informés sur les lieux de dépistage. " Si la communication n'évolue pas suffisamment à ce sujet aujourd'hui, nous n'arriverons pas à faire baisser le nombre de nouvelles infections " insiste Florence Thune.

Depuis les années 1980, près de 35 millions de personnes en sont décédées.

Les résultats d'un sondage Ifop Bilendi auprès des jeunes âgés de 15 à 24 ans révèlent que cette génération est en manque d'information sur le VIH/sida. "C'est le niveau le plus haut atteint depuis 10 ans ", selon l'association. À noter que ces chiffres sont semblables chez les personnes de 50 ans et plus. Il est alors souligné que plus de 20% des jeunes interrogés n'ont pas reçu d'enseignement spécifique sur le virus du sida au collège ou au lycée. Trois heures par an sont prévues dans les programmes scolaires, mais ce n'est pas toujours respecté. La moitié des 15-17 ans déclare ne pas avoir utilisé de préservatif car ils n'en avaient pas à disposition.

En plus de jouer le jeu du virus, le manque d'informations attise les craintes détaille Sidaction. "Il y a une telle banalisation du VIH et du sida qu'on dirait que plus personne ne s'y intéresse", s'alarme la chercheuse, codécouvreuse du virus au début des années 80 et prix Nobel de médecine 2008.

La lutte contre le virus du sida a changé de visage grâce aux personnes vivant avec le VIH, aux chercheurs, aux personnels soignants, aux acteurs communautaires et aux donateurs. Alors que le sentiment d'information n'a jamais été aussi bas, les pratiques à risques ont néanmoins diminué en 2018. Ainsi, le nombre de personnes ayant été exposées à un risque parmi celles qui ont été interrogées est passé de 14 % à 8 %.

Le frein qui est également relevé par Manuel Étienne, c'est que la sexualité est souvent un tabou. "Les efforts doivent porter sur la prévention des infections mais aussi sur le fait d'aborder la sexualité et d'en parler très simplement pour faire tomber les idées reçues". "Plus de la moitié des jeunes déclarent avoir confiance dans les informations que nous leur délivrons, les bonnes informations imprègnent progressivement les esprits ", poursuit Florence Thune.

La France est cette année au centre de la lutte contre le sida puisqu'elle accueillera le 10 octobre à Lyon la conférence de financement du Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Pour preuve, 28 % pensent par exemple que le VIH peut se transmettre durant des rapports sexuels protégés avec une personne séropositive! "Le VIH ne doit pas être oublié et invisible dans la sphère publique" conclut Florence Thune.

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL