Le dioxyde de titane interdit en janvier 2020 dans les denrées alimentaires

Xavier Trudeau
Avril 17, 2019

Si le sort du E171 semble scellé pour ce qui est de notre alimentation, le combat contre cet additif n'est pas fini pour autant: les associations dénoncent sa présence dans l'enrobage de 4 à 5.000 médicaments, comme le Doliprane en gélule ou le Spasfon rose, mais également dans certains cosmétiques. Suspension et non interdiction, qui, elle, dépend de l'Union Européenne. Cette décision a été prise après la publication d'un avis de l'agence sanitaire Anses qui n'avait pu lever les incertitudes sur l'innocuité de cette substance utilisée principalement comme colorant. La disposition avait été reprise dans la loi alimentation promulguée en novembre mais elle ne pouvait s'appliquer sans un arrêté du ministère de l'Économie.

Les experts de l'ANSES estiment qu'il est impossible de lever les incertitudes sur l'innocuité de l'additif E171. " Aucune des nouvelles études ne permet de confirmer ou d'infirmer le potentiel promoteur de la cancérogénèse du E171".

Dans l'attente d'une meilleure caractérisation du danger et des risques du dioxyde de titane, elle réitère ses recommandations générales sur les nanomatériaux visant notamment à limiter l'exposition des travailleurs, des consommateurs et de l'environnement, en favorisant des alternatives sûres et équivalentes en termes d'efficacité.

"La suspension du dioxyde de titane dans l'alimentation doit être effective le plus rapidement possible et ne doit pas être assortie de délais et dérogations diverses", ont réagi les ONG Foodwatch et Agir pour l'environnement. Ce rapport ne contredit en rien les précédentes études, notamment celle de l'INRA où des rats, à qui on avait injecté du dioxyde de titane, ont manifesté des anomalies pré-cancéreuses au bout de trois mois.

Après avoir pris connaissance de cet avis, "François de Rugy, ministre d'État, ministre de la Transition écologique et solidaire, Bruno Le Maire, ministre de l'Économie et des Finances, et Brune Poirson, secrétaire d'État auprès du ministre d'État, ministre de la Transition écologique et solidaire, ont décidé, par précaution, d'interdire la mise sur le marché des denrées alimentaires contenant cet additif dès le 1er janvier 2020", selon un communiqué. Sans que ces résultats ne permettent de conclure sur ses effets sur l'homme.

La balle est donc désormais dans le camp de Bercy.

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL