Les combats se poursuivent à Tripoli et font des milliers de déplacés

Claudine Rigal
Avril 13, 2019

La majorité habite dans le sud de la capitale, où les troupes de l'Armée nationale arabe libyenne (ANL) de Haftar auraient avancé hier, se plaçant à seulement 11 km du cœur de Tripoli, selon certaines informations relayées par les médias locaux.

"L'armée libyenne [nationale, ndlr] a effectué une frappe aérienne contre la base militaire de Mitiga au nord-est de Tripoli", a annoncé la chaîne.

"Des hommes de Haftar étaient dans la capitale française le 4 avril, une poignée d'heures après le début des hostilités contre Tripoli", affirme le quotidien italien, qui dit avoir pu reconstituer l'existence de cette mission grâce "aux tracés de Flightradar, le site qui contrôle le trafic aérien". "Ca tape fort!", a indiqué à l'AFP par téléphone une habitante du quartier. L'organisation n'a pour l'instant accès qu'aux zones contrôlées par le GNA, de façon discontinue.

Dans un pays plongé dans le chaos depuis la chute du régime Kadhafi en 2011, les organisations internationales craignent que les civils ne fassent une nouvelle fois les frais des violences.

Plus de 4500 personnes ont quitté leurs demeures pour se réfugier dans les quartiers qui échappent pour le moment aux combats, selon l'ONU. Le centre d'analyses International Crisis Group (ICG) a estimé qu'un "déploiement plus important de combattants" ou "une intervention militaire extérieure" en Libye pourraient précipiter une "catastrophe humanitaire". Alors que l'offensive du maréchal Khalifa Haftar se poursuit à Tripoli, des milliers de civils fuient les combats.

Selon le dernier bilan du ministère de la santé du GNA arrêté dimanche soir, au moins 35 personnes ont été tuées depuis jeudi.

Fort de leur domination dans l'est et le sud du pays, les hommes du maréchal Haftar tentent de s'emparer de la capitale. En face, les forces pro-GNA ont affiché leur détermination à ne ménager aucun effort pour faire cesser les agressions menées par le maréchal Khalifa Haftar.

En raison de ces combats, l'ONU a décidé de reporter une conférence inter-libyenne censée se tenir dans les prochains jours. Cette conférence devait permettre d'établir une feuille de route pour sortir le pays du chaos.

Le porte-parole de l'ANL, Ahmad al-Mesmari, a accusé le GNA de s' "allier avec des milices islamistes". "Elle est désormais aux mains des terroristes", a-t-il précisé le 9 avril, citant notamment des milices venues de Misrata (200 kilomètres à l'est de Tripoli).

L'OTAN est "profondément préoccupée" par les combats entre forces rivales en Libye, a expliqué le 10 avril son secrétaire général Jens Stoltenberg, appelant à une solution politique.

Le Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés (HCR), Filippo Grandi, a demandé d'"épargner les civils, notamment les réfugiés et les migrants bloqués" en Libye.

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