Les produits ménagers industriels dans le viseur — "Toxiques et polluants"

Claudine Rigal
Avril 13, 2019

Outre la mise en place d'un Ménag'score, 60 millions de consommateurs demande à ce que les fabricants indiquent sur l'étiquette l'intégralité des compositions, "ce qui n'est actuellement obligatoire que dans certains cas", et à ce que la présence d'allergènes soit systématiquement spécifiée sur l'étiquette, "et non plus en fonction d'un seuil comme l'impose aujourd'hui la réglementation". Selon l'étude du magazine, afin de diminuer de façon tangible la pollution de l'air dans nos propres logements, mieux vaudrait éviter d'utiliser des produits ménagers industriels et préférer des solutions " faites maison", plaide l'Ademe. Dans les essais réalisés par les chercheurs, ce sont les nettoyants pour vitres industriels qui se sont révélés le plus chargés de ces substances.

De leur côté, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris) et le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) ont analysé une trentaine de produits, et testé en condition réelle une dizaine, 6 manufacturés et 4 "faits maison".

La publication souligne en outre que les isothiazolinones, des conservateurs qui doivent tuer les micro-organismes à leur contact, sont présents dans 67% des produits.

Les produits industriels émettent beaucoup plus de composés organiques volatils (COV), de minuscules poussières dont certaines sont classés cancérogènes possibles, comme l'acétaldéhyde, ou avérés, comme le formaldéhyde. Difficile de l'affirmer. "Sur les 80 substances détectées dans l'air, on ne connaît que les valeurs toxicologiques de 35 d'entre elles, pointe auprès du quotidien Isabelle Augeven-Bour, ingénieure à l'Ademe". Mais "dans les conditions d'utilisation normales, en respectant les quantité du fabriquant et en aérant, il n'y a aucun problème", tempère t-elle. Importante précaution pour les produits " faits maison ": "limiter les huiles essentielles". "Plus il y en a, plus les émission de COV augmentent". Après avoir analysé la composition de 60 références, le magazine réclame un meilleur étiquetage et propose la création d'un "Ménag'score", sur le modèle du Nutri-Score déjà présents sur certains produits alimentaires. "Beaucoup contiennent une ou plusieurs substances toxiques, nuisibles à notre santé ou à l'environnement", écrit 60 millions de consommateurs.

Un classement qui permettrait d'y voir plus clair. "Il nous semble plus important de mettre sur l'étiquette des informations pratiques sur l'utilisation plutôt que la composition entière avec des noms de produits chimiques qui n'ont pas forcément du sens aux yeux des consommateurs", réplique Christelle Henry, directrice développement durable de l'Afise.

Pas facile nettoyer sans polluer.

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