L'ibuprofène et le kétoprofène provoqueraient des complications infectieuses graves

Evrard Martin
Avril 20, 2019

L'ibuprofène (Nurofen, Advil, Upfen Antarene, etc.) et le kétoprofène (Profenid, Toprec, Ketum) appartiennent à la famille des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), qui ont déjà fait l'objet de signalements pour des complications infectieuses graves (comme l'impact cardiovasculaire du diclofénac). Il émane de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) qui avait lancé, en juin 2018, une enquête nationale de pharmacovigilance portant sur les deux AINS les plus utilisés pour combattre la fièvre ou la douleur.

"Ces deux médicaments sont des médicaments efficaces, utiles, largement utilisés, mais ça reste des médicaments qu'il faut utiliser à bon escient", a expliqué jeudi 18 avril sur franceinfo le docteur Philippe Vella, directeur des médicaments antalgiques à l'ANSM. Depuis l'an 2000, l'ibuprofène est responsable de 337 cas de complications infectieuses et de 32 décès, quand le kétoprofène est à l'origine de 46 cas de complications infectieuses et de 10 décès.

Seuls les cas les plus graves survenus chez des enfants et des adultes (souvent jeunes) sans facteur de risque particulier, comme être immunodéprimé, ont été retenus dans cette enquête.

Elles touchent la peau et des tissus mous comme les " fasciites nécrosantes", une infection due à un germe (essentiellement un streptocoque) surnommé bactérie "mangeuse de chair", source d'amputations et de mort. "L'objectif de cette enquête était de déterminer si ces complications infectieuses graves étaient favorisées par la prise de l'AINS ou si elles traduisaient l'évolution de la pathologie infectieuse initiale". "Il peut également s'agir de septicémie (" sepsis "), de pneumonies compliquées d'abcès, de pleurésie, d'abcès cérébraux ou encore d'infections ORL atteignant le thorax (médiastinite).

Dans ces cas, l'ibuprofène ou le kétoprofène ont pu être prescrits, ou pris en automédication, pour des poussées de fièvre, mais aussi dans d'autres circonstances, comme des "atteintes cutanées bénignes d'aspect inflammatoire (réaction locale, piqûre d'insecte...), des manifestations respiratoires (toux, infection pulmonaire...) ou ORL (dysphagie, angine, otite...) ".

L'enquête montre qu'en cas de varicelle, l'utilisation d'AINS doit être évitée au profit du paracétamol, sous peine de risque des destructions bactériennes cutanées graves. Alors que faire en cas de douleur et/ou de fièvre lors d'infections courantes (angine, rhinopharyngite, otite, toux, infection pulmonaire, lésion cutanée ou varicelle...)?

Qu'est-ce qui vous conduit à appeler à la vigilance autour de ces deux médicaments?

Privilégiez le paracétamolEn cas de douleurs ou de fièvres, l'ANSM conseille de privilégier le paracétamol, surtout si vous prenez vos médicaments sans consulter de médecin.

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