Malaise dans les hôpitaux de Paris, grève aux urgences dès ce dimanche

Xavier Trudeau
Апреля 17, 2019

Les hôpitaux Lariboisière, la Pitié-Salpêtrière, Saint-Louis ou encore Tenon rejoignent tous les quatre l'hôpital Saint-Antoine, déjà en grève depuis le 18 mars. Les syndicats contribuent à amplifier la mobilisation en appelant le personnel des 25 services d'urgences de l'AP-HP à se mettre en grève à partir de ce dimanche 14 avril à minuit. Les patients attendent trop, sont mécontents et finissent par s'énerver. Les patients seront accueillis par les soignants grévistes, obligés d'assurer la continuité des soins, mais ces derniers porteront un brassard.

Une réunion de négociation est prévue ce lundi entre la direction et les représentations syndicales.

En réponse, le directeur général de l'AP-HP, Martin Hirsch, a promis des renforts: "Dans l'immédiat [.] nous mobilisons 45 emplois supplémentaires qui pourront être répartis en fonction des besoins", a-t-il écrit dans un courrier adressé mardi aux deux syndicats et dont l'AFP a obtenu copie.

Côté salaires, "une prime d'insalubrité et de dangerosité pourrait éventuellement être proposée aux agents, mais elle atteint au maximum 90 euros brut par mois, c'est insuffisant", a estimé le Dr Prudhomme, par ailleurs conscient que les rémunérations des hospitaliers dépendent de décisions ministérielles, comme l'a fait valoir Martin Hirsch.

Plus généralement, il réclame un "plan national pour les urgences", qui ont vu leur fréquentation doubler en vingt ans, avec près de 21 millions de passages enregistrés en 2016. "C'est révélateur d'un climat dans nos services", fait remarquer le représentant Sud Santé AP-HP.

En décembre, le décès inexpliqué d'une patiente, constaté 12 heures après son admission aux urgences de Lariboisière, avait révélé "une série de dysfonctionnements" dans un contexte général de manque de moyens, notamment de médecins, selon une enquête interne. L'accueil des patients se fera normalement cependant et c'est "tout à l'honneur des personnels de faire fonctionner les urgences et le service public malgré leur contestation", souligne dimanche sur franceinfo Patrick Pelloux, urgentiste et président de l'Association des médecins urgentistes de France.

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