NDDL : Vinci réclame "plusieurs centaines de millions d’euros" de compensation à l’Etat

Xavier Trudeau
Avril 17, 2019

Le feuilleton de Notre-Dame-des-Landes n'est pas encore clos: ce dimanche 14 avril 2019, le groupe Vinci, qui devait assurer le rôle de concessionnaire de l'aéroport du Grand Ouest, a réclamé "plusieurs centaines de millions d'euros" à l'Etat, en compensation de l'abandon du projet.

Le groupe de BTP Vinci, également candidat à la privatisation d'Aéroports de Paris (ADP), "dément également avoir formulé une quelconque demande d'indemnisation chiffrée" et indique en outre ne pas avoir " reçu de notification de résiliation du contrat de concession ". Elisabeth Borne, la ministre des Transports, a ainsi déclaré sur France 3: "Nous ne sommes a priori pas d'accord sur les montants, mais on prendra nos responsabilités sur ce dossier ".

"Ils ont parlé de quelques centaines de millions d'euros, tandis que nous parlons de quelques dizaines" de millions, a précisé Elisabeth Bornde dans Dimanche en Politique, avant d'ironiser: "Nous aurons une discussion passionnante".

" Ce sera aux Français de payer", assure l'association Des ailes pour l'ouest dans un communiqué signé par son président, Guillaume Dalmard, qui parle de " renoncement d'Emmanuel Macron " pour le projet avorté de Notre-Dame-des-Landes (44)".

Egalement interrogée pour savoir si Vinci serait "un bon candidat" à la reprise d'Aéroports de Paris (ADP), une privatisation vivement contestée par l'opposition, elle a déclaré: "C'est effectivement un groupe qui a une grande expérience aéroportuaire".

La ministre s'est également empressée de démentir que le choix du groupe de BTP pourrait faire figure de "compensation à l'abandon de Notre-Dame-des-Landes", comme l'ont prétendu des députés de l'opposition lors des débats sur la privatisation il y a quelques jours à l'Assemblée. Le sujet est sensible: l'abandon de Notre-Dame-des-Landes a obligé Vinci à renoncer à l'aéroport de Nantes-Atlantique, qui faisait partie du même contrat, au moins jusqu'à la désignation d'un nouveau concessionnaire en 2021.

Définitivement adopté par le parlement dans une ambiance tendue, le projet de loi Pacte prévoit de supprimer l'obligation pour l'État de détenir la majorité du capital d'ADP (actuellement 50,63 %).

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