Nissan abaisse encore sa prévision de bénéfice Reuters

Xavier Trudeau
Avril 24, 2019

Le président déchu de Nissan Carlos Ghosn a été inculpé lundi d'un chef d'accusation supplémentaire d'abus de confiance aggravé par le parquet de Tokyo, rapporte la presse japonaise.

Le naguère tout-puissant PDG, qui a hissé Renault-Nissan-Mitsubishi Motors au sommet, avait déjà été inculpé deux fois pour déclarations inexactes de revenus sur les années 2010 à 2018 et une autre fois déjà pour abus de confiance.

L'avenir judiciaire s'assombrit un peu plus encore pour Carlos Ghosn.

Elle était là quand l'ex-PDG de Renault-Nissan est de nouveau arrêté le 4 avril, à l'aube.

M. Ghosn avait été relâché le 6 mars après 108 jours dans le centre de détention de Kosuge (nord de Tokyo) -où il est de nouveau incarcéré-moyennant le versement d'une caution d'un milliard de yens (12 millions de dollars canadiens). La décision de renvoyer M. Ghosn devant le tribunal a été prise " après avoir réuni suffisamment d'éléments pour obtenir un verdict de culpabilité ", a déclaré le procureur-adjoint, Shin Kukimoto, lors d'une conférence de presse. Le constructeur s'est exprimé via un communiqué qui indique que " une telle faute est totalement inacceptable, et Nissan réclame des sanctions strictes en conséquence ".

De l'avis des experts, il s'agit des éléments les plus graves qui lui sont reprochés à ce jour, cinq mois après sa première interpellation qui a scellé sa chute, le 19 novembre à Tokyo. "C'est une épreuve immense, parmi les pires moments de sa vie, mais elle fait face avec beaucoup de droiture et de dignité", commente l'avocat français de la famille, François Zimeray.

Notant qu'une nouvelle gouvernance venait d'être mise en place pour Renault-Nissan, l'Elysée souligne qu'"il appartient maintenant aux industriels de la rendre toujours plus solide pour relever le défi des ruptures technologiques dans le secteur automobile". Il devra le cas échéant s'acquitter d'une deuxième caution.

Plaidant sa cause auprès de l'ONG Human Rights Watch, des Nations unies, du président français Emmanuel Macron et même de l'hôte de la Maison Blanche Donald Trump, elle frappe à toutes les portes.

Le Premier ministre japonais doit rencontrer les deux chefs d'Etat cette semaine au cours d'une tournée dans six pays, en amont de l'organisation du G20 dans l'archipel.

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