Plusieurs molécules augmentent le risque de malformations — Antiépileptiques et grossesse

Evrard Martin
Avril 27, 2019

En complément de l'étude déjà menée sur le valproate, dont la prescription est interdite aux femmes en âge de procréer depuis juin 2018, l'ANSM publie une nouvelle analyse sur les risques de malformations et de troubles neuro-développementaux chez les enfants exposés aux médicaments épileptiques pendant la grossesse.

Ce médicament prescrit à des femmes en âge de procréer (30.000 environ en 2015) et aussi en dehors des indications officielles (notamment à des fins amaigrissantes ou pour des troubles bipolaires), présente de plus un risque potentiel de troubles neuro-développementaux. Ainsi, outre le valproate, " cinq substances présentent à ce jour un risque de malformation élevé par rapport à la fréquence observée dans la population générale: le topiramate, le phénobarbital, la primidone, la carbamazépine et la (fos) phénytoïne ", précise l'ANSM. Les médecins sont incités à "considérer le risque lié à l'exposition aux antiépileptiques au cours de la grossesse est à considérer dès l'instauration du traitement".

Concernant le risque de troubles du développement, pour les autres antiépileptiques, les données limitées ne permettent pas à ce stade de conclure.

L'Agence du médicament appelle également à la "vigilance" sur l'utilisation de la prégabaline (Lyrica et génériques) en raison des risques de malformations. Or, ils sont prescrits à environ 150 000 femmes en âge d'avoir des enfants. A ce niveau de risque, on trouve quatre autres antiépileptiques: gabapentine (Neurontin), zonisamide (Zonegran), felbamate (Taloxa) et vigabatrin (Sabril). Par contre, la prise de lamotrigine et le lévétiracétam ne montre pas d'augmentation de la fréquence de malformations. Sept autres traitements n'ont pas pu être classés sur cette échelles de risques, à cause d'un manque de données.

Le 14 mai prochain, l'ANSM réunira un comité d'experts indépendants. Les auditions seront retransmises en direct sur la chaîne YouTube de l'agence.

Par ailleurs, elle s'associe avec l'Association des parents d'enfants souffrant du syndrome de l'anticonvulsivant (Apesac) et le Réseau français des centres régionaux de pharmacolvigilance en créant un formulaire complémentaire pour mieux signaler les cas d'expositions d'enfants à des traitements contre l'épilepsie pendant la grossesse, disponible sur le portail du gouvernement.

Dans le cas où la patiente est enceinte, elle conseille de consulter "sans délai" son médecin, qui lui indiquera si elle doit modifier son traitement.

Le traitement antiépileptique doit être réévalué par un professionnel de santé régulièrement, même en l'absence d'un projet de grossesse.

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