Un sommet crucial à Bruxelles — Brexit

Claudine Rigal
Avril 10, 2019

Pour obtenir une nouvelle extension du délai, elle aura besoin de l'aval des 27, ce mercredi à Bruxelles. Mais faute d'avoir pu faire adopter par les députés britanniques l'accord de divorce qu'elle a négocié avec Bruxelles, Mme May veut réclamer un second ajournement du Brexit, jusqu'au 30 juin.

A quelques heures d'un nouveau sommet européen extraordinaire consacré au Brexit, Angela Merkel a estimé mercredi qu'il fallait accorder un délai "raisonnable" au Royaume-Uni pour qu'il finalise sa sortie de l'Union européenne et a ajouté que ce report pourrait être plus long que celui demandé par Theresa May.

"Selon le président du Conseil européen, instance représentant les États membres, " cette flexibilité permettrait de mettre fin automatiquement à la prolongation dès que les deux parties auront ratifié l'accord de retrait ".

Mais ce report "flexible" n'a pas été pour le moment assorti de conditions alors que les 27, craignant des dommages collatéraux, avaient répété qu'ils demanderaient des engagements fermes à Theresa May pour accepter un long report.

L'occasion pour lui de rappeler que " le 'no deal' ne sera jamais la décision de l'UE, ce sera toujours la responsabilité du Royaume-Uni de nous dire ce qu'il veut ". Theresa May a pris la peine d'effectuer une double visite à Berlin et Paris ce mardi, pour déblayer le terrain auprès des deux principaux dirigeants européens, que les Britanniques présentent - un peu exagérément - comme le " bon et le mauvais flic " dans la négociation avec Londres.

Face à Theresa May, Emmanuel Macron devrait réaffirmer que Paris "n'est pas fermé à construire une autre solution" que celle du "no deal", mais "avec certaines limites et pas à tout prix", a précisé l'Élysée.

"La France n'est " pas opposée " à un report, mais un an " paraît trop long ", a fait savoir mardi l'Elysée.

Le sommet de Bruxelles sera précédé par une "réunion de coordination" à l'initiative de la Belgique qui réunira une demi-douzaine de pays, ceux qui seraient les plus "directement affectés" par une sortie du Royaume-Uni sans accord de divorce.

Le président du Conseil européen Donald Tusk, qui rencontrera la Britannique en tête à tête juste avant l'ouverture du sommet, vers 17H30 (15H30 GMT), a rappelé la position de l'UE dans sa lettre d'invitation: s'il ne participe pas au scrutin, le Royaume-Uni ne peut pas se maintenir dans l'Union.

Le gouvernement a annoncé avoir fixé la date des élections européennes au 23 mai. La Chambre des Lords a entériné lundi soir une proposition de loi visant à obliger légalement la cheffe du gouvernement à repousser le Brexit si les parlementaires n'arrivaient pas à se mettre d'accord. "Le problème est que le gouvernement n'a pas fait bouger ces lignes rouges initiales", a déclaré lundi Jeremy Corbyn, chef du Labour. Le porte-parole du Labour pour le Brexit, Matthew Pennycook, a toutefois prévenu le Parlement que si son parti approuvait une extension de l'article 50 jusqu'au 30 juin, ce délai supplémentaire devait être mis à profit pour conclure un accord entre le gouvernement et l'opposition travailliste. Il s'agit d'empêcher que le Royaume-Uni bloque ou perturbe les décisions européennes pendant cette nouvelle extension, comme l'avait menacé la semaine dernière le député conservateur eurosceptique Jacob Rees-Mogg. Les députés voteront sur cette motion et pourront émettre des propositions quant à la durée du report.

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