Affaire Vincent Lambert : début de l'arrêt des soins

Evrard Martin
Mai 21, 2019

Plusieurs centaines de personnes défilaient lundi soir à Paris du ministère de la Santé vers l'Elysée pour réclamer une "grâce présidentielle" pour le tétraplégique Vincent Lambert, dont l'arrêt des soins visant à le maintenir en vie a débuté contre la demande de ses parents.

"C'est des monstres! Des monstres!" C'est " une très grande victoire " a déclaré sa mère à l'AFP.

Le Dr Sanchez, "en violation de tous ses devoirs et de ce qu'il avait laissé croire, vient d'annoncer à la famille qu'il avait initié le processus de mort sans préavis, sans tenir compte des recours, sans tenir compte des mesures provisoires". Une énorme clameur a retenti quand l'un des deux avocats des parents, Me Jérôme Triomphe, a lancé à la foule, en apprenant leur victoire par téléphone: "On a gagné!" "Quant au président Emmanuel Macron, à qui ils avaient écrit samedi pour l'implorer d'intervenir, il a, pour sa part, répondu, lundi, qu'il ne lui " appartient pas de suspendre " l'arrêt des traitements, décidé, " en conformité avec nos lois ", à quelques jours des élections européennes.

Parce qu'entre une mère refusant de laisser mourir son fils d'un côté et une épouse souhaitant laisser partir son mari de l'autre, les divisions familiales ne pouvaient que donner chair au débat de valeurs entre fervents catholiques et partisans de l'euthanasie, "l'affaire Vincent Lambert", comme on l'appelle, n'aura cessé de déchirer jusqu'au bout, non seulement la famille du blessé grave, mais au-delà, la France toute entière.

Cette procédure sera accompagnée d'une sédation profonde et continue associée à une analgésie, "une mesure de précaution" pour être sûr "que le patient ne souffre pas".

Mais l'éprouvante bataille juridique et morale qu'est devenue "l'affaire Lambert" n'est pas terminée. Leurs avocats ont ainsi assuré dans la matinée qu'ils déposeraient lundi "de nouveaux recours" pour tenter d'arrêter l'interruption des traitements. De quoi permettre à un comité de l'ONU d'étudier le dossier du patient. Mais Paris répète que ces mesures conservatoires "sont dépourvues de caractère contraignant" et met en avant le "droit du patient à ne pas subir d'obstination déraisonnable". Et pour Vincent en premier,"a demandé Rachel Lambert".

La tête de liste EELV Yannick Jadot a, lui, renvoyé à la loi belge qui prévoit que la décision revient au conjoint puis aux enfants adultes s'il y en a et enfin aux parents, en cas d'absence de directives anticipées.

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