Albert II devra se plier à un test ADN sous peine d'astreinte

Pierre Vaugeois
Mai 17, 2019

C'est ce que devra régler l'ex-roi des Belges Albert II s'il persiste à refuser le test ADN réclamé par Delphine Boël, qui affirme être sa fille. "Je crois que le roi va se soumettre à ce test, puisqu'il a la garantie que cela restera confidentiel", a en effet réagi un de ses avocats, Me Guy Hiernaux, contacté par l'AFP. "Cela dépend de lui", a nuancé un autre, Me Alain Berenboom. La cour d'appel de Bruxelles a décidé, comme les avocats de Delphine Boël l'avaient accepté, que ceux-ci ne seront pas mis au courant du résultat du test avant l'issue de la procédure en cassation.

L'arrêt rendu jeudi est un nouvel épisode dans le long feuilleton judiciaire entamé en 2013, après l'échec d'une tentative de conciliation sur cette reconnaissance de paternité.

Artiste plasticienne belge de 51 ans, Delphine Boël affirme être née de la longue liaison qu'a eue dans les années 1960 et 1970 sa mère, Sibylle de Sélys Longchamps, avec Albert, alors prince héritier.

La cour a estimé que le monarque devait se soumettre au test ADN auquel elle lui a ordonné de se soumettre le 25 octobre dernier, lorsqu'elle avait établi que Jacques Boël n'est ni en droit ni en fait le père de Delphine Boël.

La cour d'appel contraint le roi Albert II à donner son ADN en vue de le comparer à celui de Delphine Boël, qui souhaite être reconnue comme sa fille depuis 2013. Mais il l'avait refusé et ses avocats avaient introduit un pourvoi en cassation en février, contraignant sa prétendue fille à recourir à l'arme de l'astreinte.

"Je me réjouis. C'est une solution sereine qui a été trouvée par la cour aujourd'hui, je pense", a déclaré à l'agence Belga Me Marc Uyttendaele, l'un des avocats de Delphine Boël.

La cour a infligé au Roi le paiement d'une astreinte de 5.000 euros par jour de retard en cas d'inexécution de sa décision, à partir du moment où la convocation de l'expert en génétique lui aura été remise. Ce rendez-vous pour le test devrait être fixé "dans les semaines qui viennent", d'après Me Hiernaux et Me Marc Uyttendaele, qui défend Delphine Boël. Le roi Albert sera convoqué par un expert judiciaire pour précéder au prélèvement.

La cour d'appel a également déclaré "qu'après avoir procédé aux prélèvements d'empreintes génétiques sur les personnes de Madame Delphine Boël, de Madame Sybille de Selys Longchamps et du roi Albert II, l'expert procédera aux analyses comparatives utiles et nécessaires de ces prélèvements, dont elle ne communiquera pas, à ce stade, le résultat aux parties et à la cour, résultat qu'elle conservera jusqu'à nouvelle instruction de la présente cour ou d'une éventuelle juridiction de renvoi". Delphine Boël "a elle-même suggéré cette formule dans un souci d'apaisement et avec la volonté d'éviter toute agitation médiatique", a souligné Me Uyttendaele, également joint par l'AFP.

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