Algérie: les étudiants dans la rue, nouvelles mises en garde de l'armée

Claudine Rigal
Mai 22, 2019

Le chef d'état-major de l'armée, Ahmed Gaïd Salah, a réaffirmé, hier, que "la tenue de l'élection présidentielle permettra d'éviter de tomber dans le piège du vide constitutionnel".

À Alger, un fort déploiement policier a empêché les manifestants de se rassembler sur le parvis de la Grande Poste, point de ralliement de la contestation dans le centre de la capitale, et de se diriger vers l'Assemblée nationale et le tribunal, étapes prévues du cortège.

"Pas d'élections, bande de mafieux", "un État civil, pas un État militaire", ont-ils notamment scandé. Plus tôt, le chef d'Etat-major Gaïd Salah avait appelé au respect du calendrier électoral.

Après avoir renoncé à briguer un nouveau mandat après 20 ans à la tête de l'Etat, M. Bouteflika, sous les pressions conjuguées de la rue et de l'armée, a finalement démissionné le 2 avril, laissant l'intérim, conformément à la Constitution, au président de la Chambre haute, Abdelkader Bensalah, qui a convoqué une présidentielle pour le 4 juillet.

Exiger le départ de l'ensemble des personnalités symbolisant le "système" hérité du président déchu Abdelaziz Bouteflika, est "irraisonnable" voire "dangereux", a estimé lundi le chef d'état-major de l'armée, homme fort de facto de l'Algérie, en allusion à la principale revendication du mouvement de contestation. La veille de cette intervention, depuis la même ville, il avait jugé "irraisonnable" le départ de tous les "symboles du système". Le général Ahmed Gaid-Salah a, de ce fait, pris tout le monde de cours en faisant ces annonces au moment où l'opinion publique pensait qu'il allait répondre favorablement à la revendication principale des centaines de milliers de manifestants qui ne cessent de calmer le report de cette élection controversée.

Elles sont "fondées sur des informations précises et confirmées et sur de nombreux dossiers (.) aux preuves irréfutables", a-t-il martelé, alors que ses détracteurs l'accusent d'influencer la justice.

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