Angela Merkel reconnaît avoir une "relation conflictuelle" avec Macron — Allemagne

Claudine Rigal
Mai 17, 2019

Emmanuel Macron a réagi en disant ne croire "ni à la confrontation stérile ni à l'entente stérile" avec Angela Merkel, mais à "la confrontation féconde" afin de "bâtir un compromis" au niveau européen.

Emmanuel Macron a assumé mercredi une " confrontation féconde " avec la chancelière Angela Merkel, qui avait évoqué dans un interview des différences d'approche avec le président français. Elle a en outre fortement tempéré le discours macroniste qui prétend que l'Europe serait plus que jamais menacée. "Nos mentalités diffèrent sur certains aspects et dans une certaine mesure nous envisageons nos rôles différemment", explique la chancelière allemande dans cette interview réalisée le 10 mai. Elle a cependant nié toute détérioration des relations entre les deux pays.

" Donc nous devons réussir à accepter des désaccords momentanés, de ne pas être totalement d'accord sur tout pour avoir le courage d'affirmer ce que nous voulons - ce qui est attendu de la France en Europe, c'est de dire clairement ce qu'elle veut, ce qu'elle porte, quelles sont ses ambitions - et ensuite de construire un compromis avec l'Allemagne pour pouvoir avancer", a-t-il ajouté.

"Nous avons décidé de développer un avion de combat et un char ensemble [.] C'est un signe de confiance que de compter davantage les uns sur les autres en matière de politique de défense", estime Angela Merkel.

Les deux dirigeants avaient également signé en janvier le traité d'Aix-la-Chapelle sur la coopération et l'intégration franco-allemandes. Et ça commence à se voir. À une dizaine de jours des élections européennes, les journalistes du quotidien de centre gauche ont interrogé Angela Merkel sur son bilan européen, la crise de l'euro, celle des réfugiés, la montée des populistes, et notamment sa relation avec le partenaire français.

"Nous avons les mêmes idées générales, mais n'oubliez pas que nos deux pays ont des identités nationales différentes", dit-elle, évoquant le statut de membre permanent de la France au sein du Conseil de sécurité des Nations unies et de puissance nucléaire. La chancelière allemande, tout juste victorieuse, négociait alors une nouvelle coalition et s'était vue reprocher, y compris dans son propre camp, de ne pas avoir saisi les propositions de son homologue. "Il m'est difficile de comparer la situation actuelle de l'Europe avec les dangers des décennies précédentes, parce que je n'étais pas là à l'époque et que je suis désormais impliquée de manière active", objecte Angela Merkel. " Emmanuel Macron s'est fâché avec la Hongrie, avec la Pologne, il s'est fâché avec les Italiens, avec l'Allemagne ".

" Il y a aussi un rythme qui est celui de l'Allemagne (.), c'est un rythme plus lent qui n'est peut-être pas suffisant pour répondre aux défis d'aujourd'hui", a-t-elle toutefois estimé.

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