L'arrêt des soins prévu cette semaine — Affaire Vincent Lambert

Evrard Martin
Mai 20, 2019

Ils ne céderont pas. ": environ 200 personnes se sont rassemblées dimanche après-midi devant le CHU de Reims pour soutenir les parents de Vincent Lambert et protester contre l'arrêt des traitements - programmé à partir de lundi - de ce patient en état végétatif depuis plus de dix ans".

Vincent Lambert est hospitalisé à Reims depuis dix ans.

Validée par le Conseil d'Etat fin avril, l'interruption des soins prévoit, selon une source médicale, l'arrêt des machines à hydrater et alimenter ainsi qu'une sédation "contrôlée, profonde et continue" de cet homme aujourd'hui âgé de 42 ans, ainsi qu'une prise d'analgésiques "par précaution".

A l'approche de l'arrêt des soins, les parents de Vincent Lambert multiplient les actions pour réaffirmer leur opposition.

Enfin, ce dimanche, ils ont fait savoir, par le biais de leurs avocats, qu'ils allaient déposer de "nouveaux recours" sans préciser devant quelle juridiction.

Ils veulent également demander à la justice poursuivre le médecin du tétraplégique en état végétatif, le Dr Sanchez.

Faute de réaction, ces mêmes avocats ont promis "trois nouveaux recours dès lundi", refusant d'en dire plus. J'ai beaucoup de compassion pour eux, ils vivent un compte à rebours atroce. Les avocats des parents ont aussi saisi un organisme de l'ONU, le Comité des droits des personnes handicapées (CDPH), qui a demandé deux fois à la France, le 3 mai et vendredi, de ne pas suspendre les soins dans l'attente de l'examen du dossier sur le fond par ses soins. Mais la France répète que ces mesures conservatoires "sont dépourvues de caractère contraignant" et met en avant le "droit du patient à ne pas subir d'obstination déraisonnable". Seule certitude échappée des silences officiels: aucune entrée ne sera autorisée sur le site de Sébastopol, déjà soumis à des conditions d'accès draconiennes depuis que l'affaire Lambert a pris cette dimension. "Je suis très en colère, en Belgique ça ne pourrait pas arriver".

Samedi, la Conférence des évêques était également intervenue sur le dossier Vincent Lambert pour s'interroger sur la "précipitation pour le conduire vers la mort". Les évêques déplorent que le gouvernement veuille passer outre l'avis du CIDPH qui recommande la suspension de décision d'arrêt des soins.

A l'inverse, le Rassemblement national, estimant dans un communiqué que "le cas de Vincent Lambert ne semble pas respecter l'esprit de la loi Leonetti", juge "tout à fait contestable qu'une autorité administrative et que des instances supranationales, au rang desquelles la Cour européenne des droits de l'Homme, s'arrogent le droit d'interpréter une loi, ouvrant ainsi la voie aux dérives les plus dangereuses et les plus inquiétantes".

Samedi, les parents avaient exhorté dans une lettre ouverte le président Emmanuel Macron à intervenir pour le maintien des traitements.

Ce dimanche dans le diocèse de Reims, une prière pour Vincent Lambert sera proposée lors des messes.

Le médecin a prévenu la famille que l'arrêt des soins interviendrait "la semaine du 20 mai".

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