Le repreneur British Steel, en faillite, va être liquidé — Ascoval Saint-Saulve

Xavier Trudeau
Mai 22, 2019

Quelque 25.000 salariés sont plongés dans l'incertitude.

L'abandon de ce projet laisse le secteur sidérurgique européen fragmenté et exposé à des retournements économiques. Reuters avait rapporté mardi que British Steel serait déclaré en faillite s'il n'obtenait pas de rallonge financière de la part du gouvernement britannique.

Thyssenkrupp a annoncé ce mois-ci qu'il renonçait à fusionner ses activités de sidérurgie en Europe avec ceux de l'indien Tata Steel, un projet qui aurait donner naissance au numéro deux du secteur, derrière ArcelorMittal. Elle prend donc fin ce jour et plonge dans l'incertitude totale quelque 25.000 salariés (5.000 emplois directs et 20.000 indirects).

British Steel a pourtant tenté d'obtenir du gouvernement un plan de sauvetage de dernière minute, mais le Brexit et le manque de liquidité qu'il induit a rendu impossible tout renflouement public.

Les actifs de British Steel au Royaume-Uni vont être vendus pour payer les salariés et indemniser les fournisseurs autant que faire se peut. Pendant ce temps, l'entreprise devrait encore tourner, "les employés seront payés et toujours sous contrat", précise l'administrateur officiel.

La Haute Cour d'Angleterre et du Pays de Galles a par ailleurs désigné des représentants du cabinet EY pour gérer l'entreprise parallèlement à la mission menée par l'administrateur judiciaire.

Les gouvernements conservateurs du Royaume-Uni n'ont pas su protéger la fierté de l'héritage sidérurgique du pays. C'est une nouvelle terrible pour les milliers de travailleurs " de British Steel au Royaume-Uni, a déploré pour sa part Tim Roache, secrétaire général du syndicat GMB.

Mais, a assuré Mme May, "il aurait été illégal d'accorder un prêt ou une garantie dans les termes que demandait l'entreprise" cette fois.

British Steel avait déjà reçu une assistance du gouvernement sous forme d'un prêt de 120 millions de livres.

Les problèmes du Britannique font aussi des vagues de l'autre côté de la Manche.

Une faillite qui ne remettrait pas en question la reprise d'Ascoval, selon le ministère de l'Économie, qui indique que "cette procédure n'inclut pas l'aciérie de British Steel Saint-Saulve qui est détenue par une autre société du groupe", à savoir sa maison-mère Olympus Steel Ltd. Selon le média britannique, le groupe Greybull Capital qui détient le groupe British Steel n'a pas réussi à faire venir l'"argent frais" qu'ils réclamaient depuis mercredi dernier. Les autorités françaises se voulaient toutefois rassurantes. La reprise de l'aciérie française est effective depuis une semaine.

Le sidérurgiste British Steel, repreneur désigné de l'aciérie Ascoval de Saint-Saulve (Nord), a été placé sous administration judiciaire ce mercredi en Grande-Bretagne après l'échec des discussions avec le gouvernement britannique sur un prêt de 30 millions de livres (34 millions d'euros), a-t-on appris de source officielle. "C'est donc l'occasion de faire un état des lieux du marché en tant que tel".

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