Les applications Google ne seront plus disponibles sur les téléphones Huawei

Xavier Trudeau
Mai 21, 2019

Peu de temps après que Donald Trump a signé un décret visant à bannir Huawei et ses 68 filiales, Google a annoncé sa décision de suivre le mouvement du président des États-Unis en rompant tous ses liens commerciaux avec le leader du smartphone chinois.

Dans un communiqué lundi, Huawei a affirmé qu'il " continuerait à fournir des mises à jour de sécurité et des services après-vente " sur tous ses téléphones multifonctions et tablettes existantes, y compris ceux qui ne sont pas encore vendus. Jusqu'à cette date, Huawei est autorisé a continue ses interactions avec ses fournisseurs américains.

Dans un monde où nous servons massivement de chair à données pour Google et autres géants du web, l'espionnage de Huawei pourrait bien poser de gros problèmes politiques. Le rédacteur en chef du quotidien nationaliste Global Times, Hu Xijin, se vante ainsi d'avoir abandonné son iPhone pour privilégier un terminal Huawei: " Je choisis de soutenir Huawei, parce qu'ils sont injustement attaqués par le gouvernement américain. En revanche, ils devraient toujours pouvoir utiliser et mettre à jour les applications mobiles fournies par Google.

Huawei se pose en victime et note son rôle déterminant dans le développement d'Android Huawei a pris soin de rappeler son implication dans l'écosystème Android: " En tant que l'un des principaux partenaires mondiaux d'Android, nous avons travaillé en étroite collaboration avec leur plateforme open-source pour développer un écosystème qui a bénéficié à la fois aux utilisateurs et à l'industrie ". En 2018, Huawei a dépensé 11 milliards de dollars pour acheter des composants américains, selon la société, soit presque 16 % de tous ses achats. La semaine dernière, le Ministère américain du Commerce a en effet placé le constructeur sur la liste des entreprises suspectées de représenter un danger pour la sécurité nationale et Google a de ce fait annoncé cette nuit avoir suspendu ses relations commerciales avec l'entreprise chinoise. Les États-Unis ont également imposé des barrières douanières sur les produits chinois importés.

Il reste encore à savoir comment Pékin va répliquer.

Et enfin, cette mesure pourrait aussi nuire, à terme, à Google. La marque évoquait d'ailleurs travailler sur un tel système d'exploitation depuis plusieurs années dans l'éventualité d'une décision gouvernementale défavorable à la marque.

Mais cette décision poste aussi des questions sur la sécurité des appareils vendus par la marque. Or la rentabilité, pour Google, vient de ce que son système est devenu quasiment universel.

Selon l'agence Bloomberg, les fabricants américains ou dont le siège est aux Etats-Unis, comme Intel, Qualcomm, Broadcom ou Xilinx ont déjà indiqué qu'ils cesseraient de fournir Huawei, qui s'est placé au premier trimestre à la deuxième place des vendeurs de smartphones dans le monde, derrière le sud-coréen Samsung mais devant l'américain Apple.

Le groupe a été créé en 1987 par un ingénieur de l'armée chinoise, Ren Zhengfei. Huawei est depuis devenu le numéro un mondial de la vente d'équipement pour les réseaux téléphoniques et le numéro deux pour les smartphones.

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