L'UFC - Que Choisir alerte sur les produits à base de soja

Evrard Martin
Mai 24, 2019

Selon l'UFC - Que Choisir, les phytoestrogènes - des substances produites naturellement par certaines plantes et proches des oestrogènes, hormones féminines - "pourraient être" des perturbateurs endocriniens, c'est-à-dire des agents chimiques capables d'interférer avec le système hormonal et susceptibles de favoriser certains cancers, voire d'agir sur le fœtus ou la fertilité.

L'association de consommateurs UFC-Que Choisir a testé 55 aliments courants contenant du soja et y a découvert "des teneurs particulièrement préoccupantes en phytoestrogènes, des composés fortement suspectés d'être des perturbateurs endocriniens".

"Le soja, alternative pour les personnes souhaitant limiter leur consommation de viande, est " aussi une source importante de phytoestrogènes, appelés isoflavones dans le cas du soja", indique l'association de défense de consommateurs UFC-Que Choisir dans une étude". Pire, une seule poignée de graines de soja toastées pour apéritif 'Soya party nature' de Soy, renferme plus de 5 fois la dose maximale! Des protéines de soja, porteuses de phytoestrogènes ont aussi été détectées dans des plats qui ne sont pas censés en contenir, et notamment plusieurs plats de viande (boulettes, nuggets, tomates farcies). Les teneurs les plus élevées ont été trouvées dans les boulettes " au bœuf " de chez Auchan, Leader Price et Leclerc (*) dont chaque portion apporte respectivement 68 %, 60 % et 42 % de la dose maximale admissible pour un enfant. "Certains produits contiennent jusqu'à 5 fois la dose maximale dans une seule portion", dénonce l'asso".

Du côté de Sojaxa, on tempère ces résultats, estimant que "dans le cadre d'une alimentation diversifiée, cet apport excède rarement un produit par jour, ce qui ne permet généralement pas d'atteindre la limite d'exposition fixée par l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation) en 2005", insiste Gwenaëlle Joubrel, conseillère scientifique de Sojaxa, cité par l'association. Elle relève des dépassements de la dose maximale admissible, ou bien encore une présence dans des produits à base de viande, les protéines de soja étant bon marché.

L'association a donc décidé de saisir l'Anses pour qu'elle "réévalue le niveau de risque pour les consommateurs et, si nécessaire définisse des doses maximales d'application obligatoires".

La DGCCRF est quant à elle priée d'obliger les fabricants à faire figurer sur les étiquettes de leurs produits les teneurs en phytoestrogènes ainsi que des "restrictions à la consommation" pour les enfants et les femmes enceintes.

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL