Monsanto fichait des personnalités dans sept pays européens, dont la France

Xavier Trudeau
Mai 22, 2019

Le groupe désormais propriétaire de Monsanto avait déjà reconnu que d'autres pays étaients "très probablement" concernés, et n'exclut pas que la liste s'allonge.

L'affaire des fichiers de scientifiques, politiques et journalistes commandés par Monsanto s'étend.

Le cabinet d'avocats Sidley Austin, mandaté par l'entreprise allemande, "déterminera si de telles listes existent aussi dans d'autres pays", ajoute Bayer.

En France, les personnalités concernées ont été fichées en fonction de leurs positions sur les pesticides et les OGM, et de leur propension à être influencées.

Dans un questions-réponses publié mardi sur son site internet, Bayer déclare que l'agence américaine de relations publiques FleishmanHillard, au nom de Monsanto, a établi des fichiers en France, en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas, en Pologne, au Royaume-Uni et dans les institutions de l'Union européenne.

Bayer a mis fin à sa collaboration avec FleishmanHillard en ce qui concerne les relations publiques mais continue de travailler avec la société sur des projets de marketing. Au lendemain de ces révélations, la justice française a ouvert une enquête sur des soupçons de fichage illégal qui vise notamment le chef de "collecte de données personnelles par un moyen frauduleux, déloyal ou illicite". Les documents en question datent de 2016, soit avant le rachat par Bayer du géant américain des pesticides et des OGM, finalisé l'an dernier.

Le cabinet d'avocats prendra ensuite contact avec les personnes concernées, pour la plupart des journalistes, des responsables politiques et des scientifiques, au plus tard d'ici la fin de la semaine à venir.

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